Sur décision arbitrale, la Tunisie a été condamnée, vendredi 22 décembre 2023, à payer 1,11 million de dinars dans l'affaire de la BFT (Banque franco-tunisienne) au lieu des 37 millions demandés par la partie adverse, d'apris les chiffres avancés par le ministère des Domaines de l'Etat.Le département s'est félicité de ce verdict qui vient clore ce qu'on qualifie de plus gros scandale politico-financier de ces trente dernières années.
Il s'agit, rappelons-le, de l'une des premières opérations de privatisation depuis l'indépendance dont l'enjeu financier est devenu, au fur du temps, considérable.
Au milieu des années 1980, financièrement aux abois, l'Etat décide de privatiser une banque, qu'il a été nationalisée au début des années 1960, par une augmentation de capital totalement dédié à un partenaire privé. ABCI Investment limited, holding financier appartenant à un tunisien, Abdelmajid Bouden, est choisi par les pouvoirs publics à qui il finira par dire qu'il a acquis la banque à une valeur bien supérieure à la réalité.
Abdelmajid Bouden lancera aux dirigeants de la Société tunisienne de banque (STB), que la société-mère a lesté les comptes de la BFT en lui refilant une bonne partie de ses créances, puis réclamera officiellement d'être indemnisé.
Commence alors un véritable bras de fer juridique entre l'Etat et Abdelmajid Bouden qui quittera le pays pour éviter la prison, mais ne lâchera pas prise. Il a internationalisé le litige en portant l'affaire auprès des tribunaux internationaux. En 2004, il saisira le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements(Cirdi), une des institutions du groupe de la Banque mondiale. C'est le Cirdi qui vient de rendre son verdict.
Posté Le : 22/12/2023
Posté par : infos-tunisie
Source : www.businessnews.com.tn