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Encore bien loin de l'excellence ! Bac 2016/ Analyse


Au cours de la session principale du bac 2016, le taux de réussite général dans le secteur public est de 38.72 %. C'est 6 points de plus que l'année dernière où on avait enregistré 32.72 %Comparé aux taux précédents, on constate, nécessairement, une baisse sensible et significative. Avant 2015, on pouvait parvenir à 50, voire 60 % de taux de réussite dans les deux sessions. En 2008, par exemple, on avait enregistré 67 % dans le public. En 2009, c'est une légère baisse à 62.2 %. Le taux remonte en 2010 à 69.2 %. Et le boom est enregistré en 2011: 72 % !Pour l'année 2015, c'est le tournant avec l'adoption du bonus à 20 % et non plus 25. En plus de certains autres paramètres pour le calcul de la moyenne du bac. Cette mesure a fait chuter le taux de réussite. Au cours de l'édition 2015, le résultat final global n'était que de 36.09 % !(secteur public, privé et candidats libres).Paradoxalement, ce taux relativement bas va impulser les efforts des élèves. C'est ce que nous avons constaté après la proclamation des résultats de la première session. Tous les indicateurs montrent, selon le ministre de l'Education et le directeur général des examens qui s'exprimaient hier lors d'une conférence de presse, que cet examen national est en train de retrouver ses vrais repères et ses références.Contrôle : 25 % de réussiteLa prochaine édition sera décisive dans l'affirmation de l'orientation vers un enseignement de qualité et de diplômes reflétant le niveau de nos élèves. Ces derniers n'auront plus à compter sur un bonus qui donnait la possibilité à des non-méritants de réussir et de décrocher un diplôme prestigieux. La suppression de ce bonus ouvrira la voie au mérite et à l'excellence.Mais d'ores et déjà, on peut s'attendre à une amélioration des résultats au cours de la session de rattrapage. Selon M. Amor Ouelbani, directeur général des examens, le taux de réussite à la session de contrôle devrait tourner autour de 25 %. En d'autres termes, sur les 41.172 ajournés, 12.000 pourraient, finalement, obtenir leur bac. Ce qui ferait monter le nombre des bacheliers à plus de 54.000.Le nombre de places offertes dans les universités sera, certainement, plus élevés. Il y aura automatiquement un déficit de plus de 30.000 places qui ne sera pas comblé. C'est, faut-il le rappeler, une bouffée d'oxygène pour l'enseignement supérieur dont les effectifs seront allégés. Cela aura le mérite d'assurer aux étudiants un meilleur encadrement pédagogique et une amélioration des conditions de travail des enseignants.Néanmoins on sera, toujours, loin des scores enregistrés en 2010 (84.602 bacheliers) ou en 2011 (73.042 bacheliers). Le vent est, donc, en train de tourner vers les candidats méritants et les portes sont en train de se fermer devant les solutions de facilité offertes, généralement, aux candidats libres. La preuve, les bénéficiaires des 20 % au bac ont baissé cette année. C'est-à-dire ceux dont la moyenne au cours de l'année et celle du bac ne doit pas dépasser une différence de 3 points. Or, on pouvait tomber sur des moyennes de classe égales à ... 19/20 dans le privé.Ces artifices n'auront plus cours et on fera place nette au mérite et à l'égalité des chances. D'ailleurs, le ministre de l'Education avait qualifié, auparavant, cette pratique du bonus comme une véritable triche.Performances des régionsDébarrassé de ce carcan, l'enseignement pourrait désormais, faire valoir ses atouts et permettre de former l'élite qu'il faut au pays, notamment dans la conjoncture actuelle. La réussite au bac est, en fin de compte, la réussite tout court du système éducatif. Les performances seront prises en compte pour le classement des établissements et des commissariats régionaux à l'enseignement. Longtemps taboues, les statistiques de classement des régions nous donnent un outil d'évaluation du rendement de ce système. Il ne faut pas avoir honte des chiffres. C'et en les publiant qu'on pourra se corriger et rectifier le tir. C'est, justement, Sfax qui est aux premières loges. Les taux dépassent les 50 %. Kasserine est bonne dernière. Mais cela ne lui enlève aucun mérite puisque le taux de réussite (21.92 %) a presque doublé par rapport à 2015. Idem pour la majorité des régions de l'intérieur qui enregistrent des avancées acceptables. C'est le cas, aussi, de Jendouba qui est passé de 15.40 % en 2015 à 28.20 % en 2016.Il n'en reste pas moins que l'indicateur le plus absolu est celui de l'excellence. On en est encore loin puisque parmi les nouveaux bacheliers, 5.33 % (soit 2.271) ont obtenu la mention « très bien » contre 64.28 % (soit 27.376) la mention « passable ». L'autre espoir réside dans les élites issues du bac. Les 7 lauréats de cette année honorent notre système et rappellent à ceux qui l'oublient souvent que nos enfants sont capables de tout.
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