Hassine Dimassi, professeur en sciences économiques et ex-ministre des Finances, présente un plan de sauvetage en 5 points.Quels sont les moyens pour faire face à la crise socioéconomique et financière du pays ' Tel est le thème de la table ronde organisée tout récemment à Sousse par la coordination de la société civile de la région et qui a réuni d'éminents économistes, des hommes d'affaires, des représentants des diverses associations de la société civile et des cadres de la région.Une question cruciale qui se pose actuellement dans le domaine économique et à laquelle les économistes du pays doivent consacrer tous les efforts nécessaires afin de trouver les remèdes nécessaires malgré la conjoncture économique mondiale difficile.Hassine Dimassi ' professeur en sciences économiques et ex-ministre des finances ' a donné au cours de cette table ronde une communication-débat où il a présenté un plan de sauvetage en 5 points essentiels.Le premier point concerne la relance de la croissance de l'économie. En effet, a-t-il indiqué, depuis la révolution de 2011, le taux de croissance s'est maintenu à un taux relativement faible (avoisinant la moyenne de 1%). Pour dynamiser la croissance, le gouvernement doit relancer 3 principales activités.La première activité concerne les industries et plus particulièrement les industries du phosphate et ses dérivés, et ce, par l'application du Code de travail (journée chômée impayée, imposition de la réquisition...).La deuxième activité concerne le développement et la dynamisation de la prospection et de l'exploitation du pétrole et du gaz, et ce, en révisant le code des énergies en vue d'insérer plus de souplesse dans l'octroi des permis de prospection, soulignant qu'il y a eu une forte baisse de production de pétrole et de gaz constatée ces derniers mois.La troisième activité touche le secteur du tourisme confronté à un contexte difficile lié à la sécurité. Ce secteur doit être relancé dans deux sens, primo: l'adoption des transactions avec le rouble russe. Secundo : l'instauration de «l'open-sky» ou espace aérien ouvert, et ce à travers une plus large ouverture de l'espace aérien à d'autres sociétés étrangères outre la compagnie de Tunisair.Le second point est relatif aux finances publiques qui connaissent actuellement une situation très difficile à gérer et qui nécessitent des solutions à court, moyen et long terme.A court terme et dans les jours à venir, le gouvernement devrait réviser les accords concernant le recrutement dans la fonction publique et les augmentations des salaires et doit réduire les dépenses de compensation.A moyen et long terme, le gouvernement devrait opter pour la mobilisation du maximum de nos ressources financières propres pour pouvoir développer les investissements et relancer de ce fait l'économie, et ce, comme une alternative à la politique basée actuellement sur l'enlisement dans l'endettement pour la consommation.Le troisième point concerne la nécessité de procéder à une profonde réforme et une restructuration du système de sécurité sociale. En effet, a-t-il poursuivi, les caisses de sécurité sociale (Cnrps, Cnss et Cnam) s'enlisent actuellement dans des déficits intenables.Le quatrième point concerne la nécessité de réhabiliter la politique d'accord entre l'Etat et les entreprises publiques qui, de plus en plus, prennent l'aspect de féodalités stériles en matière économique.Enfin, le cinquième et dernier point concerne la nécessité d'établir une réforme du système bancaire qui a perdu sa principale fonction à savoir la mobilisation de l'épargne pour financer l'économie.Hichem Benzarti
Posté Le : 30/08/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn