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Le camouflet de l'Instance à Sfax Lutte contre la corruption


Lors de l'ouverture du Festival international de Sfax, les enquêteurs de l'Instance nationale de lutte contre la corruption ont été empêchés d'accéder au public pour le sensibiliser à la lutte contre la corruption. Pour le président du festival, «il est inconcevable de parler de corruption en présence de ministres et de députés»Me Chaouki Tabib, le président de l'Instance nationale de lutte contre la corruption, et ses lieutenants opérant dans les régions auront du pain sur la planche pour assumer la mission dont ils sont chargés en matière de sensibilisation contre les corrompus (nous ne sommes pas encore au stade du dévoilement de l'identité des corrompus qui ont longtemps pioché impunément dans les caisses de l'Etat et continuent à le faire) et d'incitation du citoyen à révéler à l'Instance ce qu'il sait sur les affaires de corruption.Il y a plus d'un mois, c'est le domicile du président de l'Instance qui a été attaqué par des inconnus en un geste d'intimidation à l'égard de Me Tabib pour lui faire passer le message de cesser ses déclarations anticorruption et pour lui faire comprendre que les corrompus et leurs acolytes ne lui permettront pas d'accomplir sa mission comme il l'entend.L'enquête judiciaire ouverte, à cette occasion, est toujours en cours et l'on ignore toujours les auteurs et les commanditaires de cet acte.Et la cabale menée contre l'Instance de se poursuivre. Cette fois, c'est le président du Festival international de Sfax et l'un de ses collaborateurs qui se dressent contre les responsables de la section régionale de l'Instance pour les empêcher de mener une campagne de sensibilisation visant à faire connaître l'instance aux festivaliers et à leur fournir le numéro vert gratuit mis à la disposition de tout citoyen désirant fournir une information sur un cas de corruption ou s'estimant victime d'un acte de corruption. Le motif invoqué par Lassaâd Zouari, président du Festival de Sfax, est simple : «Il n'est pas possible de parler de corruption en présence de ministres et de députés» assistant à la soirée d'ouverture du festival.Et pourtant, l'Instance a déjà reçu l'aval du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine pour accomplir de telles actions de sensibilisation et elle l'a déjà fait, en toute liberté, lors des festivals de Bizerte, de Hammamet et de Carthage «en présence du chef du gouvernement, du président du Parlement, de plusieurs ministres, ambassadeurs et députés».Appel à une enquête administrativeDans une déclaration publique dont une copie est parvenue à La Presse, Me Chaouki Tabib s'indigne du comportement inacceptable adopté par le président du festival de Sfax qui a «refusé de faire passer le spot publicitaire de l'Instance et a incité les forces de l'ordre à expulser les représentants de l'Instance».Il appelle la ministre de la Culture à ouvrir une enquête administrative dans le but de déterminer pourquoi le directeur du festival a agi de la sorte «en contradiction avec les directives du ministère et aussi avec le décret portant création de l'Instance l'autorisant à mener, dans les espaces publics, des campagnes de sensibilisation et d'information sur le phénomène de la corruption».Il est à préciser que la déclaration d'indignation signée par Me Chaouki Tabib est accompagnée par un rapport détaillé (3 pages) rédigé par Mounir Rekik, chef du bureau de Sfax relevant de l'Instance nationale de lutte contre la corruption.Il y relate toutes les péripéties de l'affaire, précisant que les membres de la campagne (10) ont reçu leurs badges pour accéder au théâtre où va se dérouler l'ouverture du festival «sauf qu'il s'est avéré que ces badges ne permettaient pas d'accéder au public».«Et bien que le chef du district de la police de Sfax nous ait autorisé à accéder aux spectateurs, le président du festival s'est obstiné à nous barrer la route pour toucher les spectateurs disant textuellement : «Que personne parmi les membres de l'Instance n'entre», alors que son assistant disait de son côté : «Nous avons des invités et des personnalités de marque. Comment pourrais-je autoriser l'entrée d'un groupe qui interroge les spectateurs sur la corruption lors d'une fête comme celle d'aujourd'hui '».Et la question qui se pose maintenant est la suivante: «A quel saint va se vouer Sonia M'barek, la ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, qui découvre que «ses lieutenants» à Tunis et dans les régions lui réservent quotidiennement une surprise désagréable. Et les exemples ne manquent pas : Brahim Ltaïef, le président des Journées cinématographiques de Carthage, est toujours à couteaux tirés avec Fethi Kharrat, le président du Centre national du cinéma et de l'image, et annonce que la prochaine session des JCC pourrait être ratée puisque «le Comité d'organisation a déjà perdu deux mois sans qu'il ne s'y prépare comme il se doit par la faute de Fethi Kharrat qui nous coupe les vivres», le président du Festival international de Hammamet a, paraît-il, été floué par Raja Ben Ammar qui l'a poussé à financer un spectacle de théâtre plagié, selon les connaisseurs, les prix pratiqués à Carthage et à Hammamet (les deux festivals financés entièrement par le ministère) ont semble-t-il été fixés pour que les gradins restent vides, etc.
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