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Retour vorace de l'ours russe Syrie


Le Conseil de sécurité de l'ONU se penche sur la situation en Syrie. A la bonne heure, pourrait-on conclure. Mais c'est tellement factice et hypocriteL'étau se resserre autour des terroristes à Alep. Les Américains, les Français et les Britanniques principalement, poussés par le Qatar et la Turquie, viennent à la rescousse.Tous les observateurs avertis en conviennent. La bataille d'Alep sera décisive. Pour l'instant, les armées syrienne régulière et russe opèrent une contre-offensive spectaculaire. Elle dure depuis quelques semaines et ne semble pas près de s'essouffler. Les daechiens et terroristes de tout poil sont dans une souricière. Ils battent en retraite. D'autant plus que leurs rangs semblent bien ébranlés en Irak et en Libye. Ce qui pourrait porter un coup sérieux à leur recherche pérenne et accrue de territorialisation.Alors les Occidentaux, les Américains en prime, tentent de renverser la vapeur. Il est vrai que de nombreuses organisations terroristes opérant en Syrie ont des liens organiques avec les services secrets occidentaux et bénéficient du soutien actif de leurs forces armées sur le terrain.Il faut reconnaître que la Syrie est devenue le théâtre, à l'instar du Yémen, d'une confrontation militaire internationale. Syriens officiels épaulés par les Iraniens, le Hezbollah libanais, les Russes et les Chinois d'un côté, daechiens et Al-Qaïda soutenus par les Américains, les Britanniques, les Français, les Allemands, les Turcs, les Qataris et les Israéliens de l'autre. Et, entre les deux camps, une gamme d'alliés secondaires et de forces auxiliaires.Dans cette confrontation, Russes, Iraniens et Hezbollah font pencher la balance du côté de l'armée régulière, qui avait vacillé auparavant. La continuité territoriale avec l'Iran ' via l'Irak acquis aux Iraniens ' et le Liban s'avère d'un grand réconfort pour les forces régulières en hommes, armes et renforts. De leur côté, l'aviation et les experts russes s'avèrent particulièrement redoutables sur le terrain des opérations.Les Russes sont revenus de loin, c'est le cas de le dire. Au début des années 70 du XXe siècle, ils s'étaient rabattus sur la Syrie ' principalement au port de Tartouss ' lorsque Sadate les avait chassés d'Egypte. Une donne géostratégique d'envergure avec laquelle ils renouent spectaculairement cette fois.Ce faisant, les Russes obéissent à une vieille tendance fondamentale de l'empire russe depuis Pierre Le Grand, dès la fin du XVIIe siècle, l'accès aux mers chaudes. Un souci séculaire renforcé par le retour de l'ours russe sur la scène internationale, depuis l'avènement de Vladimir Poutine.En soutenant le régime de Bachar Al-Assad, en s'engageant ouvertement dans les confrontations militaires, les Russes opèrent une espèce d'attache à perpétuelle demeure en Syrie. Actuellement, ils ont le vent en poupe, un peu partout dans le monde. Leur engagement en Syrie est une séquence fondamentale de leur redéploiement. Auparavant, les interventions militaires russes en Hongrie, en Tchécoslovaquie et en Afghanistan avaient été contre-productives, voire désastreuses pour l'ex-Urss. Cela ne semble guère le cas actuellement.En effet, les Américains ont été particulièrement éprouvés par deux décennies d'interventions militaires directes en Irak et en Afghanistan particulièrement. Ils ont entamé un nouveau cycle d'interventions, fondé sur les forces supplétives et les acteurs locaux et régionaux. Et voilà que le géant russe, revigoré, revient par la voie de l'intervention directe. A la bonne franquette, comme du temps de la Guerre froide.Cela explique la gêne non contenue des Américains et de certains de leurs alliés occidentaux. Ils observent un redéploiement russe vorace et efficace. Et susceptible d'être mis en branle ailleurs, en Libye et dans la région de l'Afrique subsaharienne notamment. D'où les plaintes, complaintes et atermoiements diplomatiques en vue de faire de l'affaire d'Alep une question humanitaire de premier plan.Actuellement, l'intervention des Russes et de leurs alliés en Syrie semble bien avoir atteint le point de non retour. Malgré les gesticulations diplomatiques et pseudo-humanitaires des uns et des autres. Toute solution négociée doit passer par eux et les entériner comme un fait accompli.Toutefois, cela ouvre des brèches d'envergure dans le dispositif mis en place par l'Otan et les Américains au lendemain de la Guerre froide. Une nouvelle ligne de confrontations se profile. Un nouvel modus operandi aussi.L'histoire avance par à-coups. La volonté de certains hommes y joue parfois un rôle décisif. Vladimir Poutine appartient à une catégorie d'hommes politiques d'antan. Il joue dans la cour de de Gaulle, Staline et Mao Tse Tong. Son étoffe est taillée dans le tissu de la Sainte Russie d'Ivan le Terrible et de Pierre le Grand.Dans sa lutte contre Daech, en s'offrant le concours de la Russie, Bachar Al-Assad a convoqué un élément décisif pour gagner la guerre. Comme les Russes s'étaient offert le concours du général hiver dans leurs luttes contre les invasions des armées de Napoléon et d'Hitler, à plus d'un siècle d'intervalle.
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