p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Les derniers jours nous ont révélé plusieurs affaires liées à la liberté d'expression dans une société « en voie de démocratisation » après des décennies de dictature. Il est dans l'ordre des choses que ce passage vers la liberté « démocratique » suscite des malentendus et des incompréhensions et même des tensions. Les derniers cas de l'emprisonnement de Taoufik Ben Brik et de l'escalade verbale de Lotfi Abdelli ne sont que des illustrations de cette transition. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Les Tunisiens été sevrés de liberté 60 ans durant. L'implacable logique du « leader suprême » qui a mis Bourguiba et son régime au-dessus de toute critique s'est muée ensuite vers la sanctification forcée du « Changement du 7 Novembre » et de son auteur. Dans la foulée, l'interdit s'est élargi jusqu'au dernier sous-fifre du parti au pouvoir et la révolution de 2011 nous a basculé d'un coup vers la liberté. Sous prétexte de cette liberté retrouvée, tout est devenue permis. Or même dans une démocratie tout n'est pas permis. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Nul n'est besoin de rappeler que « ta liberté s'arrête là où commence celle des autres » et les libertés sont régies par les lois de la république dans plusieurs textes et pas seulement ceux qui concernent la presse et la publication. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Que Taoufik Ben Brik ait usé de cette liberté pour appeler les citoyens à prendre les armes (au bénéfice d'un Nabil Karoui accusé par la justice) constitue certes un délit manifeste puni par les lois. Que Lotfi Abdelli ait attaqué, dans sa personne, Abir Moussi en des termes inacceptables constitue aussi un délit puni par les lois. Ce n'est pas ici de la liberté d'expression. On peut certes estimer que l'emprisonnement de Ben Brik est disproportionné par rapport à ses intentions, on peut également se voiler la face en évoquant l'artiste qui a déraillé à propos de Lotfi Abdelli, mais les deux incidents et plusieurs autres qui se répètent tous les jours de l'année nous rappellent l'urgence de bien distinguer les principes démocratiques de base et les mauvaises pratiques qui peuvent dévoyer ces principes. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"Cependant quand les législateurs eux même, au sein de l'ARP, s'envoient des insultes à longueur de journée et se traitent mutuellement par tous les noms des oiseaux, on se demande comment appeler les citoyens ordinaires à respecter les lois et distinguer la liberté des injures. Or l'escalade mentale est facile, comme l'a expliqué dans un post Facebook, le Professeur Mohamed Chelbi (ancien professeur à l'IPSI et éminent spécialiste en sciences de la communication). En répétant inlassablement que la politique est « sale », les politiciens le sont, et Abir Moussi est politicienne donc elle est sale ! Le tour est joué, là tout est permis y compris qu'on se prenne à la personne dans ce qu'elle a de plus intime et plus personnel. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"L'apprentissage de la liberté et de la démocratie est un long processus difficile et dangereux. Nous avons, tout au long de ces dix dernières années, enregistré plusieurs écarts de plus en plus graves qui doivent nous servir de leçons en appliquant la loi contre les mauvais usages. Personne n'a été épargné. Le président de la république est régulièrement la cible des attaques en des termes punis par la loi. Plusieurs ministres ont été insultés copieusement par des syndicalistes ou des opposants dans la presse sans poursuite aucune ! C'est cet état de choses qui encourage, avec la facilité de publication des réseaux sociaux, à enfreindre les lois et c'est en appliquant implacablement les lois qu'on peut inverser la tendance. p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 10px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";" p class="p2" style="text-align: right; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 9.5px; line-height: normal; font-family: "Times New Roman";"A.L.B.M.
Posté Le : 07/08/2020
Posté par : infos-tunisie
Source : www.letemps.com.tn