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700 tonnes de déchets médicaux dangereux stockées sans traitement depuis trois ans à Gafsa


Environ 700 tonnes de déchets médicaux dangereux demeurent stockées dans les entrepôts de deux entreprises à Om Laarayes (Gafsa) depuis leur fermeture il y a trois ans, suite au retrait de leurs permis. Des déchets qui représentent désormais un réel danger, d'autant plus qu'ils ne sont soumis à aucun contrôle de la part des autorités de tutelle. C'est ce qu'a indiqué le rapport intitulé "La dégradation de la situation environnementale à Gafsa : des villes submergées par leurs déchets !", publié récemment par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) et réalisé par son Département justice environnementale et climatique.
En effet, deux entreprises installées dans la région, Green Gafsa et Sud Environnement, qui opéraient dans la collecte et le traitement des déchets médicaux, ont été fermées, il y a trois ans, suite au retrait de leurs permis d'exercice en raison de non-respect des cahiers de charges régissant leur profession. Leur fermeture a posé plusieurs défis, notamment en ce qui concerne leur collecte et leur gestion.
Les déchets des activités médicales sont considérés comme dangereux selon l'article 5 du décret numéro 2745 de 2008 daté du 28 juillet 2008, régissant les conditions et les méthodes de gestion des déchets des activités médicales. Ces déchets comprennent les objets coupants et tranchants (aiguilles, lames, couteaux, éclats de verre, vis...), les déchets putrescibles (contaminés ou potentiellement contaminés par des agents pathogènes), les déchets biologiques constitués en totalité ou en partie de matières ou de cellules humaines (parties anatomiques difficiles à identifier, tissus fécondés ou contaminés par des matières organiques ou des substances provenant du sang), et les déchets chimiques (produits émis par les pharmacies ou similaires, provenant des services des hôpitaux et laboratoires).
L'élimination non traitée des déchets médicaux constitue une violation environnementale claire, car elle affecte l'air, l'eau et le sol, en plus de présenter des risques pour divers groupes tels que le personnel infirmier, les agents de propreté, et d'autres et ce, lors de la collecte et du transport de ces déchets.
Le principal problème dans ce domaine réside dans la violation par les organes de l'Etat des décisions prises. Malgré la décision de la Tunisie depuis 2008 de rompre avec la politique de brûler les déchets médicaux dans les hôpitaux, et l'adoption d'une stratégie nationale pour les gérer en faisant appel au secteur privé, où des entreprises privées ont été chargées de traiter les déchets après leur tri et leur stockage par les institutions médicales productrices, leur non-respect de cette mesure a accru les risques posés par cette catégorie dangereuse de déchets. Cela a conduit à leur accumulation anarchique dans la ville de Metlaoui, sans traitement.

Or et à ce jour, les structures concernées n'ont pas adopté de plan pour traiter les tas de déchets hospitaliers présents, malgré les réunions tenues au niveau de la région pour discuter de ce problème environnemental grave, a précisé le rapport. Ces réunions ont enregistré la participation de divers intervenants, y compris la Chambre nationale des entreprises de collecte des déchets et certaines entreprises actives dans ce domaine qui ont exprimé leur volonté de soulever et de traiter les déchets médicaux stockés.
À son tour, le directeur régional de l'Agence nationale de gestion des déchets (Anged), a fait part aux équipes du FTDES du blocage du projet de la réalisation d'une unité de traitement et de valorisation des déchets à Gafsa depuis 2009. Il a par ailleurs indiqué que ce projet est toujours d'actualité et que les travaux pourraient commencer en 2025. D'ailleurs, des discussions sont en cours avec l'Anged pour avoir les autorisations nécessaires. Il a aussi appelé à la mise en place de décharges contrôlées d'un point de vue scientifique et légal pour éviter toute catastrophe environnementale.

En attendant l'application de ces mesures, plus de 700 tonnes des déchets médicaux demeurent stockées et exposés à la décomposition et l'interaction avec les composantes de l'environnement, ce qui n'est pas sans accroître son danger pour l'environnement et la santé des habitants, souligne ce même document.
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