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«A la guerre comme à la guerre» Ccontrepoint


«A la guerre comme à la guerre» Ccontrepoint
Par Khaled TEBOURBIEvidemment bravo aux JCC , au public et aux invités des JCC; bravo de n'avoir cédé ni à la panique ni à la terreur; bravo d'avoir répondu d'emblée au crime ignoble, et d'avoir rendu « coup pour coup »; bravo d'être restés en place et d'avoir embelli , encore et encore, la fête du cinéma; bravo d'avoir tout repris en main et d'être allés jusqu'au bout.Chapeau bas, de même, à « créateurs pour la vie », la quinzaine culturelle des régions, un peu « occultée » pour la circonstance, mais qui aura admirablement fait face , elle aussi. Pas un programme annulé, pas une pause, pas une interruption. Et cela continue, début de ce mois, ce sera à la capitale et à sa banlieue de parachever le tableau .Pour tout dire, nos Arts et notre Culture restent sur leur position. L' islamo-fascisme a beau frapper, menacer notre Etat, notre démocratie, notre mode de vie, ils seront toujours là pour nous éviter « les pièges du deuil » et maintenir intacte notre volonté foncière de bonheur et de paix.A dire vrai, et pour restituer à chacun son « dû », ce que les 26e JCC, leur public et leurs invités ont magnifiquement mis en évidence(cette dignité et cette détermination devant le malheur, ce sursaut d'optimisme aux pires moments, ce mépris du mal destructeur et cette capacité « immédiate» de repartir de l'avant), les scènes Tunisiennes, les artistes et les spectateurs Tunisiens en font plus ou moins une règle de conduite depuis trois à quatre années. Voire : la gouvernance en a fait un principe de réflexion et d'action. La résistance au terrorisme à travers les arts et la culture est pratiquement « institutionnalisée ». Et la donnée éducative et culturelle a intégré, déjà, nos stratégies d'Etat. A la bonne heure, du reste. Ce fut une de nos pires failles : longtemps !Bravo, de toute évidence, mais un sentiment :après les attentats de Jelma, de Paris, après cet attentat kamikaze en plein centre de Tunis, il va, peut être, falloir se fier aux actes , beaucoup plus qu' aux idées .Réfléchissons bien :nos résistances culturelles vont désormais moins vite que les attaques terroristes. Celles-çi passent aux agglomérations urbaines et aux ceintures explosives . Au « Bataclan » de Paris, vendredi 13 novembre, elles visaient clairement les lieux de spectacles. Effectives et instantanées : trois petites minutes et 85 morts déplorées ; rue Mohamed V, l'autre jour, quelques secondes auront suffi. On peut s'interroger dès lors : face à cette force meurtrière rapide, brutale et aveugle, n'est-il pas plus sûr de développer les techniques et les outils qui sécurisent nos théâtres, d'initier nos spectateurs à la prévention et à l'identification du risque d'attentat, plutôt que «d' accuser le coup » et de se contenter, à chaque fois, d'entonner l'hymne national et de défier « abstraitement » l'ennemi 'Tout le monde parle, aujourd'hui, de « guerre contre le terrorisme ». Dans la guerre, on se bat avec des armes, rarement, sinon jamais, avec de beaux sentiments ou de belles idées. Les jihadistes « takfiristes », quoi qu'ils prêchent, tuent sans attendre et sans se poser de questions. Nombre de nos intellectuels s'acharnent, eux, à vouloir expliquer leurs handicaps (sociaux, économiques, etc.) ou leurs pathologies (frustrations, névroses, lavages de cerveaux, etc.). Explication sans fin. Nous comptons nos victimes entre-temps.« A la guerre comme à la guerre », dit une bonne vieille sagesse : en l'état actuel des choses, alors qu'il y a urgence et danger constant pour notre Etat, pour notre pays, pour notre mode de vie, le mieux pour nous est de nous y astreindre sans hésiter. Nous unir autour de notre police, et de notre armée, nous mobiliser, nous-mêmes comme véritable force d'appoint, traquer le monstre, ici et maintenant, c'est ou lui ou nous, ses « handicaps » ou ses « pathologies », nos intellectuels, nos artistes et nos «droit de l'hommistes» y réfléchiront, éventuellement après. Quand nous serons délivrés de la bête immonde, quand nous aurons balisé une voie de paix et de prospérité à nos enfants, quand ce pays sera définitivement sorti d'affaire, alors oui, nous en aurons et le devoir et le temps.
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