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A Tunis, fenêtre sur le cinéma libyen Festival international du film des droits de l'Homme


Loin de la politique, de jeunes cinéastes placent leur caméra du côté de l'humain, en hors champ du conflit et des images télévisuelles.La première des quatre rencontres-débats programmés dans le cadre du Human screen festival (6-10 septembre) a permis de mettre en lumière l'expérience d'un groupe de jeunes cinéastes libyens. Mercredi dernier, après la rencontre, une douzaine de courts-métrages venus de Libye ont été projetés au Rio, sous le titre « Libya in motion » (La Libye en mouvement). C'est justement ce à quoi aspirent les jeunes réalisateurs à travers leurs films. Aya Ahmead est activiste dans la société civile, Nejmi Oun est réalisateur indépendant, Abdelkarim Dueini est fondateur de « Cinema Non-violence » et Bashir Abulkacem est écrivain et réalisateur. Ils vivent leur jeunesse dans le contexte difficile de la guerre en Libye et leur principal souci est de donner une autre image de leur pays, loin de ce que propagent les médias locaux et internationaux.Trois des douze films libyens ont été projetés pendant la rencontre afin d'enrichir le débat. Leur parti-pris est clair, celui du rôle de l'art et du cinéma dans la préservation de la mémoire collective. « Nous racontons des histoires humanistes et nous cherchons des angles différents de ceux de la guerre », explique Nejmi Oun. Ces films ont été réalisés dans le cadre d'un partenariat entre une école de cinéma, l'institut écossais du documentaire et le British Council en Libye. « Nous essayons de lancer une plateforme de films libyens », ajoute le jeune cinéaste. Le premier court-métrage est le portrait d'une grand-mère libyenne qui évoque des épisodes de l'histoire du pays, tout en préparant le pain, devenu symbole de résistance durant les derniers jours de Kadafi. Le deuxième suit un street artiste dans son aventure pour réaliser des graffitis dans les rues de Tripoli et le troisième raconte comment un groupe de gens se sont mobilisés pour sauver des pièces archéologiques et préserver un musée.Parmi les premières préoccupations de ces jeunes face à la situation de leur pays, il y a l'interruption répétitive des cours dans les écoles et les universités. C'est le projet de Abdelkarim Dueini, qui considère la réalisation de films en Libye comme une action jusque-là individuelle, sans un réel mouvement qui la porte. « Les salles de cinéma ferment les unes après les autres », déclare-t-il. Et d'ajouter : « En tant qu'activiste de la société civile, mon rôle est de documenter comment la guerre affecte les droits des citoyens, comme le droit à l'éducation ». Même si la guerre est en toile de fond dans tous leurs films, les jeunes réalisateurs sont unanimes : ils ne veulent pas parler de politique. Ils ont choisi de donner la parole à leurs concitoyens et montrer les conséquences de la guerre sur leur quotidien, sans filmer directement les conflits en Libye.Présent lors de la rencontre, le réalisateur de cinéma et de télévision libyen, Oussama Rezq, a réagi au débat en demandant aux présents et aux Tunisiens en général de ne pas leur poser de questions sur la politique, et de considérer leurs films comme des 'uvres artistiques avant tout...
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