Dans une lettre ouverte transmise, dimanche 3 août 2025, par son comité de défense, la présidente du Parti destourien libre (PDL), détenue depuis plusieurs mois, dénonce les entraves à ses droits fondamentaux, le refus d'exécuter des décisions judiciaires, et annonce le lancement d'une grève de la faim symbolique à partir du 5 août.La date du 3 août 2024 avait vu le dépôt de sa candidature à la présidentielle du 6 octobre, une démarche entravée selon elle par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), qui aurait omis son nom au profit de l'avocat qui a déposé la demande de candidature. Malgré une décision favorable du tribunal administratif, la situation n'a jamais été corrigée.
Un an plus tard, elle déclare n'avoir reçu aucune notification officielle de rejet, tout en accusant l'instance électorale de «'falsification'». Dans ce même esprit de «'détournement de la légalité'», elle affirme faire face à un acharnement systématique du pouvoir en place, citant comme exemple la répétition des interdictions de visites familiales, en particulier celles de ses deux filles.
Malgré des autorisations judiciaires claires, quatre demandes de visite ont été refusées en douze mois. Le dernier refus en date concerne un permis de visite délivré le 28 juillet pour le lendemain, qui n'a pas été exécuté. Aucune justification écrite n'aurait été communiquée, ni aux avocats, ni à la Cour d'appel de Tunis, sollicitée pour éclaircir la situation.
«'Nous en sommes à un point où l'administration pénitentiaire s'autorise à désobéir ouvertement aux décisions de justice'», écrit-elle, redoutant un glissement vers une situation où même les décisions de libération pourraient ne plus être appliquées.
Dans un ton mêlant défi et émotion, Abir Moussi accuse les autorités d'utiliser l'isolement et la séparation familiale comme forme de torture psychologique': «'Ma force ne vacille pas devant les accusations, ni même les menaces de peine capitale. Mais entendre mes filles me dire qu'elles se sont habituées à ne pas pouvoir me voir, voilà ce qui me brise'».
Elle conclut sa lettre par une dénonciation virulente de ce qu'elle décrit comme une hypocrisie institutionnelle': «'On brandit la défense des droits des femmes dans les forums internationaux, alors qu'on persécute les femmes tunisiennes chez elles'».
À l'approche de la Journée nationale de la femme tunisienne, Abir Moussi annonce entamer une grève de la faim symbolique d'une semaine, en solidarité avec les détenues d'opinion, et appelle les Tunisiennes et les Tunisiens à dénoncer les violences politiques et institutionnelles visant les femmes.
Posté Le : 03/08/2025
Posté par : infos-tunisie
Source : www.businessnews.com.tn