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Alerte Contrepoint


Par Khaled TEBOURBIMohamed Garfi publie de belles choses sur la musique. De qualité rare, croyons-nous. Son ouvrage (récent) sur la tradition de la «forja» et les arts du spectacle en Tunisie est un modèle de connaissance et science. Plus un plaisir de style ; l'homme est un brillant bilingue, malheureusement passé sous silence à chaque fois, inexplicablement peu ébruité du moins.Mohamed Garfi nous gratifie également, de temps à autre, d'articles et de statuts facebook instructifs et percutants, bien que d'une virulence souvent trop «ciblée», voire «personnalisée». Mais enfin, c'est le savoir, c'est la pertinence des idées, de la pensée qui comptent, pas les affects, on le sait bien.Le tout dernier statut (titré «supercherie») nous sert beaucoup. Nous avions à dire et à redire à propos de certaines participations tunisiennes à «Carthage». Nos réserves portaient sur des questions de «conception», d'«impréparation», de «nivellement». Le commentaire de Garfi sur le concert d'ouverture et la «prestation» de l'ensemble de la radio d'Ukraine dans la pièce «Carmina Burana» du compositeur allemand Carl Orff, nous a parfaitement indiqué nos mots.Il dit, ce commentaire, que l''uvre (Carmina Burana )était d'une toute autre taille que l'ensemble juste moyen de radio Ukraine» ; et il invite tout le monde à découvrir les nombreuses autres versions mondiales pour mesurer l'énorme différence entre ceci et cela.Il explique encore, techniquement, en quoi «on commet une supercherie , en quoi «on dupe un public»... lorsque un morceau exige «un maximum de tessitures et de techniques vocales» et que les ch'urs employés , à l'occasion, ne possèdent ni «cette ampleur, ni cette capacité d'expression».Il dit, enfin, l'essentiel des fondamentaux, le ba-ba du métier :que «la cohérence des niveaux est une condition sine qua non pour la réussite d'un travail artistique...»Que «dans les concerts professionnels, on ne badine pas avec les normes...», on ne combine pas le meilleur et le moins bon. On ne mélange pas le bon grain et l'ivraie. Autrement, on dissimule, «on joue à cache-cache», on trompe son monde, on se moque de publics que l'on sait culturellement «démunis». On se fait le beurre et l'argent du beurre , pour tout résumer.Qu'ajouter à cela 'C'était, à peu de choses près, ce que nous avons vu, perçu, éprouvé, ressenti et pressenti en suivant quelques-unes des productions locales promues cette année sur la «prestigieuse» scène du théâtre romain.Pourquoi citer des titres, tous ont déjà tout nié ! Il y a eu quand même de vrais désastres :des chanter- faux, rien moins . Fréquents, prolongés. On «dissonne» allègrement aujourd'hui à «Carthage», et pas un professionnel n'a réagi encore, pas un responsable n'a émis le moindre regret.On pourra évoquer d'autres «tares», propagées, encouragées par de cupides et ignares médias privés, adoptés de «bon c'ur» jusque par d'honorables classiques brusquement, pitoyablement, convertis aux commerces et manies du marché : la parlotte en plein concert, les micros tendus vers la galerie, les danses en perte de sens, les sensibleries, les salamalecs et les flatteries «sucrées», trop «sucrées. Toute une éthique, toute une dignité de l'Art, bafouées, piétinées.La «percutance» de Mohamed Garfi tombe à pic. Il y a alerte dans la maison.
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