
C'est une urgence pour sauver le secteur«Objectivement, la situation ne diffère pas des saisons précédentes, et il en sera ainsi dans l'avenir. Tant qu'il y aura du football, il y aura toujours des fautes arbitrales. Comme un peu partout dans le monde, en Angleterre à chaque journée, dans le dernier clasico de la Liga où un des buts de Barcelone était entaché d'un hors-jeu. A-t-on évoqué pour autant une quelconque mauvaise foi' Cela n'arrive qu'en Tunisie où ce climat de manque de confiance ne fait qu'éluder les problèmes de fond dont souffre le secteur. Celui de la formation et du recyclage vient en tête de ces carences, et non le volet de la désignation, comme le prétendent certains.En lançant appel à candidatures, il faut voir ce qu'on offre comme logisitique et équipements pour accompagner la formation des prétendants à ce métier. Malgré ces insuffisances, une fois cette formation de bric et de broc achevée, beaucoup de referees engagés ne terminent pas la saison. De la sorte, après quatre ans, on retrouve les mêmes arbitres qui officient et leur nombre reste largement insuffisant : en tout et pour tout, ils doivent être 800 à 900 arbitres, parmi lesquels seulement 450 à 600 referees sont actifs à tous les niveaux : dans les ligues, pour les jeunes, pour les différentes compétitions seniors... D'ailleurs, il n'y a pas une seule ligue à ne pas éprouver de difficultés pour assurer les désignations.Autre source de désaffection : depuis décembre 2014, les arbitres n'ont pas été payés. Pourtant, on veut puiser au sein de la population estudiantine pour recruter. Chaque mois, un arbitre d'élite doit payer près de 200 dinars de son propre argent pour les besoins de ses déplacements, de ses repas... alors que, par les temps qui courent, ses moyens financiers deviennent de plus en plus limités. Notre association a adressé une note écrite à la fédération, en date du 11 novembre, pour attirer son attention sur ces arriérés de paiement. Cela pourrait se faire par tranches : le 15 décembre, le 15 mars et le 15 juin, par exemple.Autre souci : les agressions récurrentes subies par les hommes en noir. Contrairement à une idée reçue, leur nombre a diminué depuis la révolution, passant de 88 à 38. Les gens commencent à prendre conscience que la violence ne mène nulle part, qu'il reste une mentalité à éradiquer grâce à la conjugaison des efforts de tout le monde : service d'ordre, ligues et fédération, dirigeants et médias.Pour éteindre le feu, les instances prononcent des sanctions contre les arbitres coupables de grosses fautes qui faussent le cours d'un match. Le problème ne réside pas dans la sanction elle-même, mais plutôt dans le timing accompagnant sa médiatisation. Plus grave encore, le problème réside dans l'absence d'un statut pour arbitres qui se fait attendre depuis longtemps. Toutes les parties prenantes : fédération, direction nationale d'arbitrage, spécialistes de la législation sportive, journalistes, dirigeants des clubs... doivent réfléchir sur ce statut. Mûrement, pas dans la précipitation, pour mettre un terme à la gabegie qui prévaut. Afin de pouvoir riposter à des accusations du genre de celles lancées dernièrement par le président de l'Union Sportive de Sbeïtla, Abdelkarim El Hani, qui accuse de corruption beaucoup d'intervenants. Depuis deux semaines, l'affaire n'est plus seulement sportive. Nous avons porté plainte auprès de la justice civile.
Posté Le : 30/11/2015
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn