
Le dernier passage du président provisoire, Moncef Marzouki, le 3 mai à Monastir, pour l'inauguration du Festival Ridha Belkadhi des échecs, a été différemment commenté par les présents des suites de certains détails qui ont été différemment perçus.Il y aurait à souligner, selon certaines gens, cette propension du président de la République à vouloir être de toutes les manifestations publiques, quelles qu'en soient les dimensions, et ces gens-là y verraient un retour du syndrome de « l'inaugurite», dont on sait l'effet et la raison à certains moments de la gestion politique, surtout à l'approche des échéances électorales.Cependant, ce détail est resté au second plan par rapport à deux autres qui ont suscité des avis controversés sur le Marzouki des échecs, celui qui a prôné la diffusion de la pratique des jeux d'échecs en Tunisie parce que celle-ci « a besoin de nouveaux cerveaux pour surmonter ses problèmes ». A ce propos, des voix ont juste répliqué que la Tunisie a plutôt besoin de solutions immédiates aux problèmes que le Marzouki et consorts lui ont créés et ne cessent d'aggraver.L'attention du public s'est donc attardée sur les deux parties d'échecs jouées par le président provisoire, à cette occasion, en mode blitz (caractérisé par la réaction rapide). L'une l'a opposé à Kirsan Ilyumzhinov, un homme politique russe qui a été président de la Kalmoukie, une des républiques de Russie, entre 1993 et 2010, et qui est actuellement le président de la fédération internationale des Echecs (FIDE). Le jeu politique étant souvent un jeu de complaisance, voire d'hypocrisie, même en situation de jeu d'échecs, on a donc pu voir le Russe tendre la main à son adversaire tunisien, quelques coups après le démarrage, pour lui proposer la partie nulle.Le public a compris, le Russe ne voulait pas battre le président devant ses hommes et l'intelligence fait qu'on ne prend pas sur les présidents des victoires inutiles, juste pour la parade. D'autant plus que le Marzouki, dit-on, est intraitable et irréconciliable sur ce chapitre.L'autre partie, le président provisoire l'a jouée contre Imene Miladi, championne de Tunisie des moins de 10 ans. Il se serait donné le plaisir d'écraser la jeune championne pour remporter sur elle une victoire jugée « sadique » par plusieurs présents. Il faut reconnaître qu'il y a à prendre et à laisser dans cette façon de juger. En effet, d'aucuns défendraient le principe de la régularité du jeu : on joue pour gagner et le président a gagné. Mais la plupart des gens présents ont pris l'aspect pédagogique ; ils ont adhéré plus intensément à cette vision des choses quand ils ont vu la fillette éclater en sanglots à la sortie, dans un pitoyable sentiment d'humiliation.« Il aurait pu lui épargner cette épreuve, s'il était pédagogue, tout comme le russe l'avait épargné. Il savait qu'il n'était pas dans une partie officielle et savait la déstabilisation d'une fillette en pareil contexte. Il est cynique et impitoyable, aux échecs comme en politique ! »Il faut dire que quand on s'exhibe trop en public, à tout bout de champ, au four et au moulin, on est forcément soumis à tous les commentaires. Moncef Marzouki doit le savoir, qu'on imagine gérer seul sa stratégie de communication. Il peut en tirer profit comme il peut en subir les frais, pour l'effet que cela aurait sur une éventuelle (sic !) candidature à la prochaine élection présidentielle.Pour l'heure, Bonjour Monsieur De La Fontaine :Le renard s'en saisit, et dit: "Mon bon monsieur,Apprenez que tout flatteurVit aux dépens de celui qui l'écoute.Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute."
Posté Le : 05/05/2014
Posté par : infos-tunisie
Ecrit par : Mansour Mhenni
Source : www.tunivisions.net