
Ça y est, c'est fait ! La Tunisie est désormais membre de la coalition internationale censée se battre contre Daech en territoire syrien. On le sait grâce à la Maison Blanche qui a communiqué sur le sujet plus vite que notre gouvernement. En même temps, il ne faut pas être Flash l'éclair pour être plus rapide que Habib Essid, loin s'en faut'Donc, la Tunisie va s'impliquer dans le combat contre l'Etat Islamique, mais comment ' Dans quelle mesure ' La réponse nous est apportée par notre président de la République puisque la Tunisie va s'impliquer « dans la mesure des moyens possibles et dans certains domaines ». Jusque-là c'est logique, aucun pays ne peut s'impliquer dans une mesure supérieure à ses moyens, donc c'est une phrase qui ne veut rien dire. Sauf si on évoque la question des moyens. Si notre mémoire ne nous fait pas défaut, pendant la campagne électorale et après la prise de pouvoir, on nous disait que l'armée nationale était dans un état désastreux qui ne lui permettait même pas de lutter contre notre terrorisme « local ». Alors par quelle magie avons-nous comblé ce manque à tel point que nous proposons nos services ailleurs qu'en Tunisie ' Mais peut-être qu'il ne s'agit pas de collaboration militaire. Quand on sait que l'un des plus gros contingents des membres de Daech est composé de Tunisiens, la collaboration de notre Etat peut avoir du sens. On montrera aux Américains comment parler aux terroristes et on leur dira qu'ils sont peut-être en train de faire du sport dans les plaines syriennes. Ça s'est vu chez nous, alors pourquoi pas chez Bachar ' On leur expliquera comment fonctionne le terroriste tunisien et on les aidera à baliser tous les cafés dans lesquels ils pourraient être planqués. On pourra aussi apporter à la Syrie notre science du consensus et notre art du dialogue. On leur expliquera les vertus du « vote utile » et on exportera notre « modèle tunisien ». Ils comprendront à ce moment-là que toute ardoise est effaçable et qu'il est possible de tout oublier pour reconstruire. Enfin reconstruire'plutôt gouverner, la construction on verra plus tard. Ils pourront aussi bénéficier de notre expertise en défense des droits de l'Homme. On a plein de « défenseurs » chez nous qui ne demandent qu'à s'exporter, pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait bien sûr. On aidera la Syrie à écrire « la deuxième meilleure constitution du monde », la nôtre restant indétrônable à la première place. Et puis il y a des raisons humanitaires à cela. Après tout, les terroristes tunisiens qui tuent et égorgent des civils en Syrie, ce sont « nos enfants, ils ne sont pas descendus de Mars », n'est-ce pas ' Donc, on pourra essayer de trouver une formule pour leur permettre de rentrer au pays, mais attention ! Uniquement les repentis, pas les autres ! On pourra concevoir un test de repentir pour le vérifier, à condition d'éviter la région des fesses, les Américains risquent de ne pas apprécier' Autrefois, la Tunisie était d'une neutralité exemplaire sur le plan diplomatique. Mais ce temps-là est fini ! Maintenant place à l'action, à la prise de position ! On a (presque) fini d'éradiquer le terrorisme chez nous et on part l'éradiquer en Syrie. Après, qui sait, on ira peut-être au Yémen et on participera à pacifier l'Irak et l'Afghanistan. Au diable la neutralité ! Les choses changent et on se doit d'assumer notre statut d'allié majeur non-membre de l'OTAN. Une dénomination aussi précise que l'une des phrases de justification pour aller en Syrie puisque « La Tunisie accepte d'être un pays leader dans l'initiative portant sur le mécanisme international d'édification des potentialités dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent ». Ça ne veut rien dire, mais on le fera quand même, comme pour plein d'autres choses'
Posté Le : 30/09/2015
Posté par : infos-tunisie
Source : www.businessnews.com.tn