Tunis - A la une

Des risques en l'absence de garde-fous Libre circulation des joueurs maghrébins


Si la Fédération algérienne a fait part de ses réserves, nous ignorons les décisions définitives prises par le reste des parties prenantes de cette décision. Rien n'a filtré et il serait bon d'observer le développement de cette question. La Tunisie a toujours été un pays d'avant-garde et a régulièrement secoué le joug de l'inertie. Nous pourrions de ce fait ouvrir nos frontières, mais en mettant ce nécessaire garde-fou pour préserver les intérêts de nos jeunes et surtout de nos sélections.Si nous partons du principe que toute décision prise avec un esprit constructif est bonne, il faudrait se réjouir de celle prise par l'Union des fédérations du Maghreb. Cette décision rejoint, en fin de compte, celle qui a cours au sein de la Communauté européenne et qui permet la liberté de circulation des joueurs, au sein de cette communauté. Les joueurs du Maghreb ne sont plus considérés comme des étrangers. Par voie de conséquence, les clubs des pays ayant entériné cette décision sont en mesure de faire appel à autant de joueurs qu'ils le veulent, sans que cela pose le problème des quotas instaurés. Mais il semble que les derniers développements sont venus chahuter quelque peu cet esprit constructif.
Pour ne pas aller vite en besogne, il faudrait relever qu'à l'annonce de cette décision, des esprits mal tournés ont vite posé des questions qui ont été rapidement écartées, étant donné que l'ouverture de ce nouveau marché pour les transferts était relativement plus opportune pour des pays qui connaissent presque les mêmes problèmes et qui, naturellement, sont plus proches que n'importe quel autre. L'espace maghrébin est le nôtre et, aujourd'hui ou dans cent ans, le destin de cette jeunesse est appelé à se confondre.
Pourquoi maintenant '
Mais les questions les plus pertinentes qui s'étaient posées étaient néanmoins importantes : pourquoi maintenant (on aurait pu attendre le grand mercato estival) et pour qui profite cette ouverture '
La réponse, on ne la saura peut-être jamais, (les jeux de coulisses et les perches que les uns et les autres se tendent sont des jeux d'ombre, pleins de mystères et de secrets), mais toujours est-il que les équipes qui possèdent des joueurs maghrébins ont été les premiers à rafler la mise, en se voyant dans la possibilité de se renforcer, soit avec de nouveaux éléments de la même provenance ou d'ailleurs.
Et ce fut le cas.
Les premières arrivées de joueurs jeunes et confirmés d'Algérie ont commencé à meubler le vide que certaines équipes tunisiennes ont senti après cette première partie du championnat. D'autres arrivées sont annoncées. La filière sub-saharienne a été vite rangée dans les tiroirs. Pour le moment.
Le plus inquiétant, c'est que les contrats qu'on a fait signer à certains de ces éléments sont pour une longe durée. Est-ce positif ' Est-ce négatif ' Les équipes qui se sont vues offrir cette possibilité semblent être emballées par l'initiative et ont donc foncé tête baissée pour «se renforcer». Leur précipitation est-elle de bon augure ou risque-t-elle de déboucher sur de nouveaux litiges '
Les équipes tunisiennes qui évoluent dans la catégorie «élites», prolongement et antichambre naturelle des seniors, sont 'elles à ce point démunies d'éléments pouvant venir renforcer le potentiel existant ' L'exemple du Club Sportif Sfaxien, qui a laissé partir presque toutes ses vedettes et qui a puisé dans sa réserve des jeunes pour reconstituer son équipe fanion, est un message fort pour ceux qui se sont précipités sur les solutions de facilité. Le Club Africain, acculé à la suite de l'embouteillage que connaît son infirmerie, a aussi déniché de très bons éléments dans son crû pour revenir vers la surface, alors qu'il trainait en bas de classement. L'Etoile et l'Espérance aussi, qui ont lancé dans le bain des éléments hier inconnus mais qui se sont imposés malgré leur jeune âge.
La JSKairouan, réputée pour son école de formation, croit en ses jeunes et leur a donné leurs chances.
Déstabilisatrice et dévastatrice
Loin de toute idée xénophobe (elle ne se pose d'ailleurs pas, car nous considérons que le Maghreb est un et indivisible), c'est l'aspect purement technique que nous abordons. En effet, faire venir de jeunes joueurs sans avoir recours à ceux qui, depuis des années, sont au service du club, est une décision que nous considérons quelque peu hâtive sinon hasardeuse. Une solution de facilité, à la limite déstabilisatrice, sinon dévastatrice pour ceux qui ont tout sacrifié depuis des années. Le fait d'aller chercher ailleurs au lieu de lancer des éléments qui n'attendent que l'occasion de se mettre en évidence est préjudiciable. Elle l'est aussi bien pour les clubs que pour les joueurs, car elle déracine les uns de leur milieu, et met fin aux rêves des autres, sans trop penser à l'avenir.
Et pas seulement à l'avenir des clubs, mais aussi à celui des différentes sélections nationales. Où les éléments qui sont actuellement en sélections Olympiques et juniors pourront-ils se préparer, s'affûter et acquérir de l'expérience '
Où pourront-ils avoir ce rythme et cette expérience qui leur permettront de progresser et de s'imposer en haute compétition '
A leur retour, ils se retrouveront sur le banc ou sur la liste des transferts. Une perte sèche, pour toutes les parties prenantes, car ce n'est qu'après l'orage que l'on constate les dégâts.
Il fallait consulter les techniciens
Mais' il aurait fallu sans aucun doute consulter les techniciens des différentes fédérations maghrébines, pour mettre en place les garde- fous nécessaires à l'effet de ne tirer que des avantages de cette décision, visiblement bonne mais qui cache sans doute quelques aspects négatifs à long terme. La précipitation pour le «buzz politique» a peut-être escamoté la finalité que tout un chacun trouve positive pour favoriser l'intégration du sport maghrébin.
Cela explique sans doute la retenue des responsables fédéraux de la fédération algérienne, qui ne l'ont pas refusée, leur représentant était là, mais qui ont demandé de surseoir à son application, jusqu'à une étude plus approfondie. Et il faudrait essayer de comprendre cette retenue, qui ouvre pourtant de très larges possibilités pour les joueurs de la région, avec une possibilité d'échanges plus large, plus importante et qui marque une date importante pour le sport maghrébin.
Et maintenant '
Si la Fédération algérienne a fait part de ses réserves, nous ignorons les décisions définitives prises par le reste des parties prenantes de cette décision. Rien n'a filtré et il serait bon d'observer le développement de cette question. La Tunisie a toujours été un pays d'avant-garde et a régulièrement secoué le joug de l'inertie. Nous pourrions de ce fait ouvrir nos frontières, mais en mettant ce nécessaire garde-fou pour préserver les intérêts de nos jeunes et surtout de nos sélections.
La liberté totale de circulation, on en reparlera le jour où il y aura une seule et unique sélection du Maghreb !
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