N'ayant pas retrouvé la confiance, mentalement fragiles, défensivement instables, les Clubistes ont fait une démonstration, à leur manière, des maux enregistrés par certaines grosses écuries du football tunisien depuis quelque temps...Décidément, il faut bien l'admettre, le recrutement initié par les responsables clubistes ne fait jusque-là pas encore l'unanimité. Sans être limité, l'effectif et précisément l'attaque semble encore juste en terme d'efficacité.
Depuis quelque temps, en marge de la reprise et des tests conclus bien avant, le CA se cherche encore, et ce, en dépit du fait que son coach, José Riga, s'attelle à dessiner les contours du jeu clubiste avec persévérance, application et détermination.
C'est que là où le CA a largement prouvé qu'il balbutiait son football, une fois privé de son détonateur, Saber Khelifa, et de son métronome Tijani Belaid, ses adversaires en ont rajouté une couche, mettant à nu et au goût du jour les difficultés rencontrées par un onze encore hybride bien que perfectible.
Bien entendu, il n'est pas question de tout jeter aux orties, loin de là. L'effectif comporte tout de même certaines plus-values comme constaté face à l'USM en championnat.
Cependant, le CA ne peut compter uniquement sur la vista de Darragi, les rushs du tandem Haddad-Chamakhi et la fantaisie de Khfifi. Ce CA-là a aussi besoin de plus d'implication de ses tauliers, à savoir les Ahmed Khalil, Belkhiter, Abdi et autre Ghazi Ayadi.
Plus de variété dans le jeu, d'audace, de prudence imbriquée de constance et de prestance. C'est à ce titre que le moteur clubiste ronronnera de nouveau. Redistribuer les cartes de l'animation offensive. Laisser le talent s'exprimer au milieu et surtout envisager une tout autre association dans l'axe de la défense, le technicien clubiste a du pain sur la planche. Et pour revenir à l'arrière-garde, si le retour de Jaziri est de toute évidence salutaire, son binôme devra, quant à lui, suivre le mouvement et ne plus errer comme une âme en peine dorénavant.
Darragi-dépendance
Au CA, récemment, ou plutôt jusque-là, seul Oussama Darragi a semblé inspiré, régalant le public grâce à son jeu en mouvement et vers l'avant, tout en finesse. Sauf que le CA ne peut se reposer sur un seul détonateur.
Forcément, il est donc légitime d'envisager certaines alternatives, un plan «B», un contingent de réservistes capable d'apporter un supplément d'âme quand la mécanique grince. En football, la profondeur du banc est fondamentale, surtout dans la perspective d'une saison qui s'annonce harassante. Le cas contraire, cela pourrait forcément mettre un terme aux ambitions clubistes.
Mais voilà, toujours en football, le mental, l'abnégation, l'humilité et la volonté sont tout aussi payants. Il faut dire que face aux Bleus de Monastir, contrairement au match précédent face aux Verts d'Hammam-Lif, le CA a tout de même montré sa capacité à ne pas lâcher le morceau et à se bonifier en cours de jeu.
C'est ce que l'on appelle l'épanouissement dans le jeu.
Alors quitte à faire fausse route, on peut parier que le meilleur est à venir pour ce CA-là. Un CA que l'on imagine certainement pas au fond de la marmite, mais juste sous pression, comme il a l'habitude de l'être depuis sa création. Les soutiens d'hier deviennent les détracteurs d'aujourd'hui et vice versa. Au CA, on a l'habitude et ça semble même agir dans le bon sens parfois avec un groupe galvanisé quand il est secoué et mis face à ses responsabilités. C'est ainsi dans cette posture souvent délicate que ce CA-là s'attelle à dégager une certaine émotion. Bref, quand il se remet en question, quand il est redevable et soucieux de reconquérir les c'urs de ses soutiens, il finit par y arriver.
Fébrilité et absence de percussion
Volet répétitions clubistes avant la reprise de la compétition, les gars de Bab Jedid ont récemment été battus par la formation égyptienne de Pyramids. Le CA s'est incliné (0-1). Chapitre faits saillants de ce test, et après une première occasion ratée par Chamakhi à la 15', les Egyptiens, par le biais d'Eduardo, ont commencé par alerter Dkhili avant de trouver la faille suite à une frappe de Sherif Dabou à la 20'. Bousculé, le CA s'est contenté de faire de la résistance. Le siège des bases clubistes se poursuivra et la seule réaction timide des Tunisois est à mettre à l'actif de Bilel Ifa sur coup franc. Auteurs d'un premier half poussif, les Clubistes ont trouvé le bon tempo en seconde période. Cependant, c'est le portier Seif Charfi qui sauve la mise grâce à une double parade vers la 78' de jeu. Seule une frappe de Mehdi Ouedhrfi est à relever vers la fin du match. La victoire des Egyptiens est méritée.
Mentalement fragiles, défensivement instables, les Clubistes ont fait une démonstration, à leur manière, des maux enregistrés par certaines grosses écuries du football tunisien.
Il est grand temps de se réinventer !
Posté Le : 09/09/2018
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn