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Dialogue national : Nous sommes toujours dans le tunnel… mais nous en voyons le bout


Dialogue national : Nous sommes toujours dans le tunnel… mais nous en voyons le bout
Le dialogue national a finalement démarré après que le chef du gouvernement, Ali Laârayedh, ait adressé au quartette son engagement, écrit et paraphé, de présenter la démission de son gouvernement dans trois semaines comme le stipule la feuille de route. Du coup, la décrispation se fait sentir non seulement dans les sphères politiques, mais aussi au niveau de la rue. Peut-on dire pour autant que nous avons dépassé la crise ' Rien n'est moins sûr. Mais on peut affirmer que nous disposons désormais de chances réelles de le faire.En effet, la crise actuelle n'est pas uniquement politique. Elle touche tous les aspects de la vie quotidienne des Tunisiens. L'une de ses manifestations les plus dramatiques, c'est la dégradation de la situation sécuritaire qui fait qu'il ne se passe plus une semaine sans que des échos d'attaques terroristes nous parviennent, sans que le sang de jeunes tunisiens ne gicle et vienne éclabousser nos yeux qui ont refusé pendant trop longtemps de voir en face cette réalité sanglante aux couleurs de la mort. Il y a aussi cette pauvreté, indécente et inhumaine, qui touche de plus en plus de Tunisiens qui peinent à nourrir leurs familles, à envoyer leurs enfants à l'école et les prémunir contre ces maladies qui nous reviennent et que nous avons cru qu'on ne rencontrerait plus sous le ciel de notre pays.
La crise politique a exacerbé tous les autres fléaux qui rongent le pays. C'est pourquoi la résolution de la crise politique est porteuse d'espoir et un motif d'espérance. Elle permet de nous concentrer, enfin, de conjuguer nos efforts pour combattre le terrorisme et la pauvreté, des ennemis communs qui frappent sans discernement et qui n'ont que faire des idéologies des uns ou des convictions des autres.
Seulement, le réalisme exige de nous de ne pas attendre une résolution rapide de la crise politique. Il n'existe pas malheureusement de baguette magique pour effacer les aversions et les répugnances, pour faire oublier aux hommes leurs intérêts partisans ou leurs calculs personnels, pour changer leur comportement pour qu'ils évitent le triomphalisme ou les réactions revanchardes. Non assurément, nous ne sommes pas sortis encore de la crise. Nous sommes toujours dans le tunnel. Il est rempli d'embûches qui pourraient miner de l'intérieur le dialogue national à peine entamé, comme de l'extérieur du dialogue par ceux qui jouent les prolongations car ils savent qu'ils sont les grands perdants de la concorde.
Ceux qui ont adhéré au dialogue national ont tous assuré qu'ils respecteront les délais mentionnés dans la feuille de route du quartette. Ils semblent sincères même si la vigilance de l'opinion publique ne devrait pas se relâcher car les affaires publiques ne sont pas le monopole des hommes politiques et surtout parce que la pression populaire a montré son efficacité et son efficience.
Le grand obstacle qui se dresse aujourd'hui face au dialogue national se situe au niveau du CPR, son président et ses subdivisions. D'abord son président Moncef Marzouki qui se mure à Carthage dans une logique négative. Jamais le président provisoire n'a 'uvré pour le rapprochement entre Ennahdha et les partis de l'opposition. Au contraire, il a multiplié les propositions aussi piètres les unes que les autres dans le seul but de miner les initiatives de l'UGTT puis du quartette. En vérité son seul souci est de préserver son poste de président provisoire auquel il a accédé par accident. Aujourd'hui, Moncef Marzouki est néfaste pour la poursuite du processus de la transition démocratique. Il fera tout pour le torpiller. C'est pourquoi il serait nécessaire de le déloger ou le priver de tout moyen de nuisance.
Il pourra toujours compter sur les ministres du CPR attachés à mourir à leurs postes mais surtout sur les députés de son parti soucieux avant tout de préserver leurs avantages. Ils se retrouveront à coup sûr à défendre à l'ANC, les mêmes positions que les transfuges du CPR qui ne valent guère mieux, leurs départs du parti qui les a portés à la députation n'étaient qu'à cause de calculs politicards et intéressés.
Seulement, une paix de braves et un véritable contrat républicain entre les islamistes et l'opposition peuvent contourner tous les obstacles qui se dressent face à la poursuite du processus de la transition démocratique. Ce qui est certain, c'est que depuis le vendredi soir, nous ne sommes plus dans l'impasse. Nous sommes dans le tunnel et nous en voyons le bout.
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