
Avec la capture de 47 pêcheurs tunisiens par des «gardes-côtes» libyens, la menace vient désormais par la merPas moins de 47 pêcheurs tunisiens ont été capturés récemment par un navire libyen, alors qu'ils se trouvaient dans les eaux territoriales internationales. Les conditions dans lesquelles s'est déroulée cette opération de piraterie et la détermination et l'entêtement dont les assaillants ont fait montre, en pleine transgression des lois de la navigation universellement reconnues, accréditent assurément la thèse d'un acte terroriste. Deux signaux, au moins, en émergent. Le premier est adressé à l'armada de navires de guerre occidentaux mouillant en face des eaux territoriales libyennes, en vue, d'une part, de maîtriser le flux des bateaux clandestins embarquant des émigrés à destination de l'Europe, et, d'autre part, d'entrer en action en cas d'intervention militaire occidentale en Libye. Quant au second signal, il est envoyé à tous les pays qui ont déclaré la guerre à l'internationale intégriste. Ce signal veut dire que celle-ci reste aussi capable d'attaquer par la mer, après avoir longtemps sévi sur le sol.Menaces sérieusesCes deux constats sont d'autant plus palpables que les terroristes sont assis, en Libye, sur une redoutable force navale héritée du puissant arsenal amassé par l'ex-dictateur Kadhafi. Cet arsenal, qui consiste en des destroyers, des navires bombardiers et des frégates, est, semble-t-il, aux mains des deux factions rivales, en l'occurrence Fajr Libya et Daech, la première dominant toute la région littorale allant de Tripoli à Zouara, alors que l'autre a achevé sa mainmise sur la vaste étendue côtière de la région de Syrte. Et ce n'est pas un hasard si la Tunisie a presque triplé, cette année, ses forces navales constamment en alerte face aux eaux territoriales libyennes. Ce n'est pas non plus un hasard si des experts occidentaux en matière de terrorisme ont recommandé la nécessité d'attaquer d'abord par la mer, en cas d'intervention militaire de la coalition internationale dans ce pays. Plus concrètement, il va falloir compter désormais avec une autre menace non moins sérieuse, à savoir les attentats maritimes des kamikazes au moyen de petites embarcations bourrées d'explosifs.Avions piégés 'Cette tactique dont les Américains ont fait l'amère expérience, il y a quelques années en Somalie, est faite pour attaquer les navires de guerre «ennemis». Mais, ce qui est encore plus grave, c'est que les terroristes faisant la loi en Libye n'ont pas seulement des kamikazes pour les opérations au sol et en mer. En effet, il s'est avéré qu'ils sont également capables de frapper dans l'espace, à la faveur de leur possession d'avions de combat sur lesquels ils ont fait main basse dans l'arsenal de l'ancien régime libyen déchu. C'est justement sur ces appareils au nombre indéterminé que les terroristes s'entraînent aujourd'hui en Libye, sous la férule de pilotes aguerris répertoriés parmi les jihadistes étrangers enrôlés par Fajr Libya et Daech, l'objectif final étant, bien entendu, de planifier, à l'avenir, des attentats aux avions piégés.
Posté Le : 02/01/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn