Tunis - A la une

Exigences et caprices


Les Tunisiens croisent les bras et attendent ce que la semaine qui s'ouvre aujourd'hui (la dernière du délai constitutionnel accordé à Elyes Fakhfakh pour former son gouvernement et solliciter la confiance du Parlement) apportera en matière de nouveautés pour ce qui est du processus de constitution de la future équipe gouvernementale, processus qui a abordé, vendredi et samedi derniers, son dernier virage avec la proposition par les partis de leurs candidats aux ministères qu'ils désirent obtenir.Et ceux qui suivent les rencontres qu'Elyes Fakhfakh tient quotidiennement à Dar Dhiafa avec ses alliés-partenaires censés faire partie de son gouvernement ainsi que les déclarations livrées aux médias par les dirigeants de ces mêmes parties, proposant un discours changeant au fil des développements de la donne politique nationale, de découvrir que rien n'est fait et que même si Qalb Tounès a réussi par la volonté d'Ennahdha de revenir au-devant de la scène, Elyes Fakhfakh n'a pas encore dit son dernier mot. Plus encore, certains parmi les leaders qui l'ont rencontré, ces derniers jours, affirment que le chef du gouvernement désigné campe toujours sur sa position initiale, affirmant son «attachement à la ceinture politique annoncée précédemment et à une composition gouvernementale ne comprenant pas Qalb Tounès».
Les observateurs s'interrogent, de leur côté : quelle stratégie adoptera Elyes Fakhfakh pour faire face à la surenchère générale que lui imposent ses futurs alliés qui se sont évertués, chacun de son côté, à faire leurs propres comptes et à exiger les portefeuilles ministériels qu'ils estiment répondre à leurs ambitions et satisfaire les revendications de leurs compétences, sans toutefois accorder la moindre importance à leur poids réel et à la représentativité effective dont ils bénéficient au Parlement '
On ne se lassera jamais de se demander si le chef du gouvernement désigné qui vient de remporter une première épreuve éprouvante moralement et coûteuse politiquement (réintégrer Qalb Tounès dans les négociations sans perdre sa crédibilité et le socle fondamental de la ceinture politique qu'il prétend avoir constitué) pourra aussi relever le défi essentiel, celui de composer d'ici la fin de la semaine en cours un gouvernement où les principaux partenaires se trouveront représentés à la mesure de leur poids politique effectif et du nombre de leurs députés au palais du Bardo.
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