L'économie tunisienne peine à se relever face à la crise du Covid-19 qui a aggravé une situation déjà difficile. Les entreprises travaillent au-dessous de leurs capacités, alors que le taux de chômage s'est amplifié, ce qui nécessite l'organisation d'un dialogue national pour définir les contours d'une stratégie nationale de relance.La situation économique de la Tunisie est depuis une dizaine d'années en berne. Tous les indicateurs sont au rouge malgré les dispositions prises par les pouvoirs publics pour stimuler un tant soit peu la croissance qui devrait diminuer fortement au cours de cette année. Cette crise a été aggravée par le Covid-19 qui a frappé de plein fouet nos entreprises dont certaines ont fermé la porte, alors que d'autres travaillent à la moitié de leur capacité. En outre, le taux de chômage a connu une hausse inquiétante dans la mesure où les nouveaux diplômés sont sans emploi et ceux qui ont été licenciés des entreprises attendent la bonne opportunité pour réintégrer la vie active.
La loi sur l'emploi des jeunes ne semble pas avoir résolu radicalement ce problème qui demeure posé dans toutes les régions du pays. Quant aux investissements locaux et extérieurs, on a constaté une certaine stagnation, pour ne pas dire un recul dans certains secteurs. Les entreprises actives n'arrivent pas à vendre leurs produits à l'extérieur au rythme habituel compte tenu de la récession de la demande et la propagation du coronavirus.
Situation économique critique
D'ailleurs, le député d'Ennahdha et rapporteur de la commission des finances au Parlement Faycel Derbel a indiqué, jeudi 1er octobre, lors de son passage sur le plateau de Myriam Belkadhi sur la chaîne d'El Hiwar Ettounsi que la situation économique est très critique, appelant, dans ce contexte, à un dialogue national pour sauver le pays. Toutes les parties prenantes devraient prendre part à un tel dialogue pour identifier des solutions idoines susceptibles de sortir le pays du marasme et d'améliorer progressivement sa croissance.
L'invité a affirmé que la Tunisie a enregistré 161 mille nouveaux chômeurs, un chiffre qu'il estime alarmant. « L'année 2021 sera pire que 2020. Le taux de croissance sera situé entre 2 et 3%, puisque l'Etat n'a pas investi. En outre, la récolte de l'huile d'olive représentera, seulement, le tiers de la récolte enregistrée l'année dernière, outre la paralysie des secteurs du tourisme et du transport ». En fait, le secteur du tourisme constitue l'un des piliers de l'économie nationale vu les revenus importants en devises générés régulièrement et les effets d'entraînement sur les autres secteurs. Or, au cours de cette année, les recettes de ce secteur ont été plutôt maigres, ne reflétant pas les ambitions des professionnels et des pouvoirs publics qui ont mobilisé de grands moyens pour assurer la relance.
Cette crise s'est répercuté également sur le secteur du transport aérien vu le manque de passagers étrangers dont le nombre a été très limité durant la haute saison connue habituellement par l'affluence des touristes vers notre pays. Certains Européens n'ont pas voyagé cette année de peur d'être contaminés par le Covid-19, même si l'Organisation internationale du tourisme a affirmé que la destination Tunisie ne représentait pas un risque sanitaire important.
Report de remboursement des crédits
A noter que les pouvoirs publics ont pris des mesures économiques au profit des entreprises pour atténuer un tant soit peu les effets du Covid-19 et permettre à ces unités de relancer leurs activités. Faycel Derbel a estimé que cette situation requiert des solutions urgentes, dont le report du remboursement de certains crédits, outre l'intervention de la BCT. Dans ce contexte, il a appelé à un dialogue national afin de sauver l'économie du pays, invitant les composantes de la scène politique, économique et associative à agir pour trouver les solutions nécessaires. Pour cela, il a appelé le Président de la République à prendre l'initiative d'organiser ce dialogue et à éviter les discours d'intimidation.
En outre, le report du paiement des pénalités fiscales a également donné un peu d'air frais aux chefs d'entreprise mais la situation n'est pas pour autant assainie dans la mesure où plusieurs entreprises sont encore dans un état désespéré alors que d'autres risquent la faillite. C'est dire que le tissu industriel et de services est soumis depuis quelque temps à une pression. Certaines entreprises n'ont pas pu bénéficier des mesures de sauvetage mis en place par les pouvoirs publics dans le cadre de sa plateforme électronique pour diverses raisons.
Le dialogue national permettra de définir les futures orientations de notre économie pour lui donner l'opportunité de repartir sur des bases solides à la faveur d'une stratégie de relance. Un financement de l'Etat doit être prévu à cette fin pour pouvoir concrétiser les différents axes de ladite stratégie. L'un des axes consiste à préserver les postes d'emploi déjà existants et, au besoin, recruter de nouveaux agents et cadres parmi les diplômés de l'enseignement supérieur. Il s'agit aussi d'alléger le fardeau des entreprises en révisant le taux de la pression fiscale pour inciter les contribuables à s'acquitter de leur devoir fiscal sans se ruiner. Les banques seraient appelées à contribuer efficacement à soutenir les entreprises privées en octroyant des crédits à moyen et long terme, ce qui permettra de renflouer les caisses et de lancer de nouveaux projets.
Il s'agit aussi d'aider les jeunes à créer leur propre projet, parallèlement au recrutement dans les entreprises privées et publiques pour dynamiser le marché du travail et donner l'occasion notamment aux personnes dont le chômage dure depuis des années, de travailler et de se faire un revenu. La stratégie devrait faire l'objet d'une évaluation au bout d'une année pour connaître les résultats obtenus et voir dans quelle mesure notre économie et nos entreprises ont réalisé des progrès en termes de recrutement, de commercialisation à l'intérieur et à l'extérieur.
Posté Le : 04/10/2020
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn