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Hebdovisions : Peut-on croire encore aujourd'hui au dialogue national '


Hebdovisions : Peut-on croire encore aujourd'hui au dialogue national '
Le concept de dialogue national revient à l'avant-scène du paysage politique national et cela devrait rassurer le commun des citoyens quant à la tension qui chauffait dans certains secteurs et aux possibles complications sociales qui en découleraient.Nous avions ici même appelé plusieurs fois au retour de ce type de dialogue pour fédérer les énergies autour d'une démarche, autant que faire se peut consensuelle, permettant au pays d'affronter les crises et les dangers qui le menacent, et de s'investir dans le développement dont la relance est vitale. C'est dire que tous les espoirs étaient permis, surtout qu'on commençait à se lasser du bras-de-fer stérile et pourtant fâcheux, qui continue encore, opposant des politiques et des syndicats à certains responsables du gouvernement, tel ce conflit spectaculaire entre le ministre de l'éducation et le syndicat de l'enseignement primaire.Malheureusement, d'abord après l'audience du Président avec le Secrétaire général de l'UGTT, puis après la séance de travail qu'il a tenue avec les président du gouvernement et de l'ARP, la présidente de l'UTICA et le SG de l'UGTT, la tension est montée de nouveau autour de la rentrée scolaire et c'est de nouveau l'espace sombrement ouvert de l'incertain. Le tout sur un fond de reprise annoncée des négociations sociales.Au-delà du cas de figure de l'enseignement, il y a lieu de s'interroger sérieusement sur la nature des rapports qui commandent l'interaction du gouvernement avec les deux principales organisations de la société civile, dans son sens restrictif. Tout semble baigner dans l'incertitude, la méfiance et la suspicion.Il y a d'abord un doute qui persiste concernant la marge de fonctionnement autonome du président du gouvernement en relation au président de la République. Les Tunisiens, surtout les politiques, s'accommodent mal de l'idée d'un BCE non interventionniste et strictement respectueux des prérogatives de chacun, malgré les apparences. On le sait non né de la dernière étoile, possédant plus d'un tour dans son sac, tirant plus profit de son âge plutôt que le subissant.D'un autre côté, depuis des mois déjà, on a pu comprendre que les jours heureux de l'UTICA et de l'UGTT, sont plus des flirts de circonstance que des noces de concordance. Aussi faudrait-il une autre conception de la démocratie pour qu'il en soit autrement.Plus délicat encore est le type d'interaction entre le gouvernement et la principale organisation syndicale. A peine les voit-on se rapprocher l'un de l'autre que déjà des étincelles, réelles ou virtuelles, encadrent le tableau sur un fond de colère prêt à s'incendier. La principale complexité de ce dernier rapport vient de la part de crédibilité qu'on peut accorder à la représentativité de chacun des deux partenaires-adversaires.En effet, le gouvernement est soupçonné de très peu maîtriser la décision, dont la commande se situerait dans les locaux des instances monétaires internationales et de leurs commandants parmi les grandes puissances. Le SG de l'UGTT est supposé très peu autoritaire avec son régiment, malgré l'impression contraire qu'il laisse quand il parle des autres instances, surtout les gouvernementales. On le dit pris en otage par certains syndicats sectoriels ou régionaux ou tout simplement complice de leur politique, tout en se défendant de faire de la politique. Histoire de faire ensemble Moha le fou Moha le sage ' Cela reste à vérifier, mais cela en donne l'air !De fait, on peut toujours dire du syndicat et du gouvernement (du patronat aussi) ce que De Gaulle avait écrit de la France et l'Allemagne : « deux adversaires de lutte, une fois fatigués, ils s'appuient l'un sur l'autre pour se reposer ; mais une fois reposés, ils reprennent la lutte ».Faut-il en déduire que ce que la Tunisie a réussi en dialogue national à la fin de 2013 était le fruit d'une fatigue générale et qu'aujourd'hui tous les adversaires sont prêts à remonter sur le ring ' Osons croire au contraire, le temps au moins de revoir la Tunisie naviguer sûrement de ses propres rames, et peut-être un jour voler vraiment de ses propres ailes.
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