Chez les messieurs ou chez les dames, la vue est floue. Y a-t-il quelqu'un qui puisse faire autant'Ce que fait Malek Jaziri sur le circuit ATP est digne d'éloges. Nous ne disons pas cela par chauvinisme ou par subjectivité. Pour ce joueur qui a plus de 32 ans et qui a connu de multiples moments de galère durant sa carrière (blessures à répétition surtout en 2006 et 2007, faible financement, mauvaise planification de carrière, faible encadrement fédéral...), être classé 68e aujourd'hui est une énorme performance pour ceux qui comprennent ce que sont le tennis et ses exigences. La performance de Jaziri, même s'il n'a pas fait de long passage à Roland Garros, est qu'il tient tête à des joueurs qui sont moins jeunes que lui et mieux préparés. C'est qu'il est encore à un palier supérieur de performances, avec une notoriété acquise et confirmée au plus haut niveau. Malek aurait pu mieux faire si sa carrière et son approche mentale avaient été mieux gérées, il est le porte-drapeau du tennis tunisien et du sport national, en général, là où il joue. Il est aussi le meilleur joueur arabe, le second meilleur joueur africain et, de loin, le meilleur joueur tunisien de tous les temps. Tout ce CV garni d'exploits, toute cette générosité et régularité sur un sport impitoyable, nous obligent à nous poser une question : et l'après-Malek Jaziri' Qu'a-t-on fait pour produire des champions pareils' Jaziri a mis la barre haut, très haut pour ceux qui viennent après lui. En même temps, est-ce que nos structures de détection, d'accompagnement et de suivi existent déjà ou est-ce qu'elles doivent être revues pour plus d'efficacité' Produire un autre ou d'autres «Malek Jaziri» suppose trois conditions : de la matière première, c'est-à-dire des joueurs de talent, un encadrement technique et mental de haut niveau et un énorme financement avec de forts sponsors et un concours public conséquent. Tout cela suppose qu'on planifie au moindre détail le processus qui va amener des joueurs vers le haut niveau. Ce n'est pas facile, mais c'est faisable. Des talents émergents' Ils existent. Aziz Dougaz, Skander Mansouri, Moez Chergui, Majed Kilani peuvent emprunter le même chemin que Malek. S'ils sont bien suivis, ils peuvent avec beaucoup de courage et de patience, éviter le sort d'autres talents délaissés et qui, malgré un talent certain, ont fini par se perdre dans les allées du circuit ATP et terminé tôt leurs carrières. Oubliés, incapables de répondre à ce que demande le tennis de haut niveau, ils ont fait feu de paille. Aussitôt montés, aussitôt finis ou tournés en entraîneurs, ou même continué leur carrière, mais sans atteindre le haut niveau. Où sont passés les M'barek, Abid (un joueur qui a un telent fou et qui a éclos en même temps que Jaziri), W. Kilani, A. Triki, Slim Hamza...' L'après-Malek Jaziri ne sera pas facile à gérer. D'autant qu'il est mal préparé.
Posté Le : 30/05/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn