
Depuis la révolution de 2011, la Tunisie est confrontée à de multiples défis qu'entravent encore le redressement politique et économique et sociale du pays. En effet et la Tunisie n'a pas encore trouvé ses repères.L'institut tunisien des études stratégiques vient d'annoncer le lancement d'une étude ayant pour thème la Tunisie dans 10 ans. Il s'agirait d'un projet stratégique fédérateur et une référence stratégique pour l'action du gouvernement dans les 10 prochaines années visant à réaliser nombres d'objectifs.Le président de la république, Béji Caid essebsi en a donné les grandes lignes de ce que devrait être la Tunisie dans 10 ans conformément à la constitution de 2014, c'est-à-dire un état et développé résiliant et réconcilié avec lui-même afin de franchir le rang des Etats émergents à l'horizon 2025.Le directeur général de l'institut Tunisien des études stratégiques, Hatem Ben Salem, a été invité à la radio RTCI, pour expliquer de cette étude de la Tunisie à l'horizon 2025, de ses grandes lignes et des défis majeurs à relever...« Justement, dit-il, pour que la Tunisie soit bien préparée à faire face sereinement mais aussi avec beaucoup de responsabilité aux menaces et aux défis qui, aujourd'hui, sont aussi ceux que des pays de la région ont à confronter.Il est important d'abord de rappeler que la Tunisie vit une période exceptionnelle de son histoire moderne. Nous vivons une nouvelle république, un nouveau régime politique en tout cas, c'est la première donnée très importante, ensuite nous sommes en train d'évoluer sur le plan national vers des horizons qui ne sont pas aujourd'hui connus, et enfin il faut dire aussi qu'il existe aujourd'hui un contexte régional et international des plus menaçants et des plus déstabilisants pour notre pays. C'est pour cela qu'il faudra vraiment prendre en compte toutes ces données pour pouvoir se préparer, il faut même oser dire pour pouvoir s'immuniser contre ces menaces très importantes nationales et internationale.Donc il est crucial de poser le diagnostic de la situation présente que vit la Tunisie pour savoir quelles menaces nous allons confronter dans un avenir très proche car tout un chacun sait qu'aujourd'hui le pays est menacé dans son essence même par l'hydre du terrorisme.En effet, nous vivons aujourd'hui une situation de guerre totale contre un terrorisme bien tunisien qui a, il faut le dire, des implantations sociales en Tunisie et qui devient de plus en plus un terrorisme international avec l'installation quasi définitive maintenant de ce qu'on appelle Etat islamique en Libye, sachant bien que la Libye est un voisin très proche de la Tunisie et qu'il existe des liens très importants voire même exceptionnels avec la Libye depuis très longtemps, et que la prospérité, la sécurité et la stabilité de la Tunisie dépendra en premier lieu de la situation que va connaître la Libye.Par conséquent, le peuple tunisien est en droit de s'attendre à ce que le cas soit fixé, je crois que le président de la république, lors du lancement de notre étude, la semaine dernière, a bien précisé que la Tunisie doit avoir un projet d'avenir car on ne peut pas avancer surtout dans ce contexte régional et international opaque et très déstabilisé, on ne pourra pas avancer si dans notre pays on n'a pas cette vision d'avenir, une vision qui doit être clair et doit se fonder sur des concepts autour desquels tous les Tunisiens devraient être d'accord.J'insiste beaucoup sur l'aspect participatif, sur l'aspect consensuel de cette étude. On ne pourra pas encore une fois, présenter une étude d'experts sans la participation de la société civile, des partis politiques et de tous ceux qui auront leur mot à dire et qui devront être associé à cette étude. Donc cette étude a pour objectif essentiel d'être un référentiel stratégique pour l'action gouvernementale et va essayer de baliser l'avenir de la Tunisie sur les 10 prochaines années. Pourquoi 10 ans, parce que tout simplement nous savons que 5 ans c'est le temps politique et que 10 ans c'est en fait le temps des réalisations et de l'évaluation des promesses électorales politiques.C'est pourquoi cette étude devra fixer le cap de 10 ans, parce que plusieurs paramètres économiques et sociaux politiques ont radicalement changé en Tunisie et il faut aujourd'hui à partir du diagnostic objectif, construire un projet est nouveau pour notre pays.Aujourd'hui, il n'y a pas d'autres voies où chaque Tunisien puisse trouver son compte au sein d'une Tunisie émergente. c'est-à-dire une Tunisie qui va construire sur les acquis qu'elle a eu sur le plan économique, une Tunisie de l'innovation, une Tunisie où les technologies de l'information et la communication pourront créer à l'avenir des milliers d'emplois surtout pour ces jeunes sont justement aujourd'hui au chômage, une Tunisie également qui soit résiliente parce que nous ne pouvons pas également faire face aux défis dont j'ai parlé s'il n'y a pas cette attitude de résilience, s'il n'y a pas de conditions de résilience, surtout une Tunisie réconciliée avec elle-même parce que le langage de l'exclusion, le langage pseudo-révolutionnaire de vouloir tout détruire ou de tout déconstruire est un langage qui ne peut pas être accepté par les Tunisiens, car la Tunisie a toujours été une terre de tolérance, une terre d'ouverture nationale et internationale et nous devons construire, je le répète encore une fois, sur nos acquis parce que on ne peut pas aujourd'hui aspirer à faire mieux demain si on ne tire pas leçons du passé.Les leçons du passé sont ce qu'elles sont, l'histoire en jugera, j'espère en toute objectivité ; mais ce qui est important aujourd'hui pour la Tunisie c'est de prendre de ce passé ce qui est positif et de faire en sorte que ce qui est positif devra affermir plus notre solidarité pour prépare ce projet d'avenir pour la Tunisie.Parce que la Tunisie dans 10 ans cette étude stratégique on en parlera elles se fonde d'abord et surtout sur cette communauté de destin pour les Tunisiens. Nous n'avons pas d'autre choix que de vivre sur cette terre tunisienne où il fait bon vivre et si pleines d'histoire. Nous ne pouvons pas construire ce pays si on n'est pas ensemble, s'il n'y a pas un minimum de solidarité entre les Tunisiens et ce pour le bien de tous mais surtout pour construire un vrai avenir pour nos enfants.Comment peut-on remodeler la Tunisie a l'image des pays moderne de notre temps 'J'ai toujours prétendu et je soutiens encore très fort que la Tunisie a les moyens et le potentiel d'être la suisse du monde arabe et de l'Afrique.Prenons l'exemple des Tunisiens qui partent à l'étranger. Ils deviennent parmi les meilleures compétences à l'international et sont très recherchées. En Tunisie, il suffit tout simplement de laisser de côté ces préjugés, cette mentalité qui fait que s'il on n'est pas content au lieu de construire ont détruit six en laisse de côté cette mentalité si on a comme seule ambition la mise en place d'une société équilibrée et solidaire d'un ordre juste et j'insiste sur la thématique « d'ordre juste », il est absolument à notre portée de pouvoir changer, de pouvoir faire évoluer les choses, mais ceci ne peut pas se faire si entre temps les forces vives de la nation ne sont pas aux premières loges du développement, ne sont pas sollicité, n'ont pas les moyens de s'exprimer ou n'ont pas les moyens de mettre en 'uvre leurs ambitions, ou encore n'ont pas les moyens d'innover, car sans innovation et sans la recherche, la Tunisie ne pourra pas être un pays émergents. Et là il y a toute une réflexion à faire, tout un ensemble de plan, une véritable stratégie multidimensionnelle à mettre en 'uvre et c'est là l'un des rôles de l'institut Tunisien des études stratégiques.De nos jours, la conjoncture nationale et régionale et internationale exige un Etat d'esprit innovant pour la Tunisie et dans quels secteurs 'D'abord il y en a plusieurs secteurs. Des secteurs qui vont impacter sur l'avenir stratégique de la Tunisie. On ne pourra pas demain atteindre nos objectifs fixés pour le plan économique et social et autres, si le rôle de l'Etat n'est pas redéfini, car l'Etat providence c'est du passé et j'insiste pour dire que tous ce qui appellent aujourd'hui à un plus grand rôle de l'Etat, doivent savoir que l'Etat a des limites.L'Etat doit être un Etat stratège. L'Etat doit être un Etat protecteur des libertés. L'Etat doit être un Etat régulateur. Il ne peut pas être un Etat omniscient, omniprésent, un Etat providence qui doit donner tout est en contrepartie ne rien avoir. Donc c'est toute une conception du rôle de l'Etat qui doit être mis en place.La Tunisie est en train de vivre des lignes de fracture générationnelle et géographique.Nous avons aujourd'hui une société en pleine mutation, il faut le dire en toute honnêteté et en toute franchise. Nous sommes en train de vivre des lignes de fracture générationnelle, géographique. Regardons en face, aujourd'hui, la grande démotivation de nos jeunes, regardons en face cette jeunesse tunisienne qui se trouve totalement perdue, tout simplement, parce qu'il n'y a pas de projets pour elle, parce qu'il n'y a pas de balises, parce qu'il n'y a pas d'étapes fixées. Il faudra que cette fracture générationnelle soit comblée le plus vite possible.Des politiques en Tunisie montent une région contre l'autre dans un pays qui a toujours été un état unitaire.Pire encore, il y a une fracture géographique, qui peut imaginer que des politiciens en Tunisie aient pu parler d'un nord et d'un sud tunisiens ' n'est-ce pas une aberration, n'est-ce pas un crime que de monter une région contre l'autre dans un pays qui a toujours été un état unitaire à travers l'histoire et cela a toujours été sa force 'Aujourd'hui nous ne pouvons pas ignorer le fait que des régions ont besoins de développement. Ce développement ne peut pas se mettre en place dans un esprit jacobin, c'est-à-dire dans un esprit centralisateur. Il faut créer de vraies régions, il faut que ces régions soient responsables de leur propre développement et puissent en avoir les moyens propres.Ceci est possible parce que l'un des aspects les plus intéressants, les plus positifs, de cette nouvelle constitution, c'est justement ce projet de décentraliser la Tunisie pour donner plus de pouvoir aux régions pour qu'il y ait une véritable gouvernance locale dans le sens plein et bien compris du terme gouvernance. Et cela sera l'un des axes de cette étude.Un autre axe non moins important qui est celui de la défense et la sécurité. Nous sommes en train de réfléchir pour mettre en place une stratégie de défense et de sécurité pour la Tunisie. Il faut qu'on arrive à un certain moment à avoir un consensus national sur les tenants et les deux aboutissants de cette stratégie de sécurité.Il nous faut reconquérir la croissance est pour cela il nous faut innover il nous faut créer de nouveaux métiers, il nous faut explorer les voies des technologies de l'information et de la communication, sachant la Tunisie possède un grand potentiel dans ce secteur.L'internet mobile va générer des bénéfices entre 3000 et 10 000 milliards.Il faut savoir que dans les 10 prochaines années, rien que l'internet mobile va générer des bénéfices entre 3000 et 10 000 milliards. la Tunisie a sa place dans ce secteur. Il y a également le domaine social. Il nous faut encore renégocier un nouveau pacte social ou peut-être un contrat social. On ne peut plus accepter aujourd'hui que les partenaires sociaux puissent regarder en chien de faïence et ne pas considérer l'intérêt supérieur de la nation. Justement le patronat et le syndicat doivent s'orchestrer pour mettre en place un modèle de négociations sociales qui pourrait ressembler au modèle allemand par exemple, et qui va faire rentrer beaucoup plus de sérénité dans cette relation sociale aujourd'hui tendue qui constitue aujourd'hui un grand handicap au développement du pays.Notre diplomatie a besoin d'être mieux écoutée et plus respectés dans le monde.Nous devons également penser aux repositionnement de la Tunisie sur le plan international. Notre diplomatie a aujourd'hui besoin de se refonder, notre diplomatie a besoin aujourd'hui d'être mieux écoutée et plus respectés dans le monde. Il y a quelques jours du j'étais avec une délégation américaine en train de travailler pour essayer de mobiliser la communauté internationale en faveur de la Tunisie.Après avoir parlé avec des partenaires tunisiens, le premier constat fait par cette délégation, est cette attitude négative de la Tunisie. En effet, chaque fois où l'on propose quelque chose on dit à la délégation américaine « non telle partie ne sera pas d'accord ou telle autre n'ira pas avec nous dans cette négociation ».Tous les Tunisiens doivent savoir que l'avenir de leur pays dépendra de leurs propres attitudes.Il faut un projet fédérateur, il faut absolument que tous les Tunisiens sachent que l'avenir de leur pays dépendra de leurs propres attitudes. Ils doivent regarder la Tunisie comme leur vrai pays qui n'a d'autre choix que celui de développer ce pays, que celui de créer les conditions telles que tous puissent vivre dans ce pays.Il y a aussi un autre aspect sur lequel on devra beaucoup réfléchir. L'institut le fera. Il faudra aujourd'hui une redistribution intelligente des richesses. Il faut remettre la Tunisie dans un cadre de classes moyennes capable aussi de pouvoir ouvrir des horizons pour tous les tunisiens et notamment les jeunes. Donc il y a des chantiers qui sont les chantiers de la décennie. Ce sont des chantiers sur lesquels l'institut va travailler et va essayer de mobiliser le plus grand nombre d'experts tunisiens résidant en Tunisie et à l'étrangers pour qu'ils puissent se faire connaître et participer justement à cette étude. »
Posté Le : 27/01/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.africanmanager.com