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La masse invisibleFemmes et élections ' un rôle efficace dans l'espace public


La masse invisibleFemmes et élections ' un rôle efficace dans l'espace public
Il est vrai que la nouvelle constitution tunisienne a consacré le principe de la parité. Et l'on s'attendait à ce que le nombre de femmes soit égal ou presque à celui des hommes lors des élections législatives de 2014. Or, il n'en est rien. Le nombre de femmes têtes de liste ne dépasse pas les 12%. C'est le résultat de tout le paradoxe de la société tunisienne, qui a du mal à accepter des femmes « élues ».Lors de la journée d'étude organisée conjointement par l'Association des femmes juristes et le Centre de recherches, d'études, de documentation et d'information sur la femme (Credif) autour du thème : « Femmes et élections : pour un rôle efficace dans l'espace public », le constat est désormais sans appel.Les femmes ont du mal à s'improviser dans l'espace public. Elles mettent du temps pour se penser « femmes ». Elles se pensent d'abord et surtout « partisanes ». La perception des femmes n'a malheureusement pas changé depuis les dernières élections. Que ce soit en 2011, ou aujourd'hui, on relève la « désaffection », l'incompétence et le manque d'expérience des femmes dans la politique. Le constat est certes sans appel. Mais, il traduit un paradoxe de la société tunisienne. Entre les déclarations et la réalité, il y a tout un monde. En effet, un sondage publié vers la fin de l'année 2013, réalisé par le Pnud a fait ressortir que la majorité des « interrogés », environ 3.700 Tunisiens, sont à hauteur des 2/3 contre des postes élus en faveur des femmes, mais ont plus de facilité à accepter des femmes dans des postes gouvernementaux. Un sondage qui reflète, désormais, la position des partis par rapport aux femmes. Des partis qui sont favorables au recrutement des femmes, essentiellement pour être au service des militants. Mais, souvent, les femmes s'effacent au moment de la répartition du pouvoir. Elles sont réduites à la masse invisible. Et, le nombre de femmes têtes de liste dans les partis politique tunisiens le confirme clairement.12% des têtes de liste, contre 7% en 2011Certes, le chiffre a légèrement évolué, passant de 7%, lors des élections en 2011, à 12%, actuellement. Désormais, aujourd'hui encore, les femmes se battent pour être têtes de liste, lors des élections, et le pays demeure encore loin des objectifs escomptés. La participation des femmes dans l'espace public et notamment politique se limite, désormais, aujourd'hui encore, à des postes gouvernemental honoraires. Par contre, les ministères de souveraineté, sont encore et toujours un domaine exclusif des hommes.La journée d'étude tend à identifier des mécanismes à même de mettre en pratique les dispositions constitutionnelles, aux fins de garantir une participation efficace des femmes dans l'espace public et dans la vie politique. Neila Chaâbane, secrétaire d'Etat chargé des Affaires de la femme, a souligné que le rôle des femmes est indispensable dans l'espace public et surtout dans la réussite du processus de transition démocratique que vit la Tunisie. Un rôle non seulement important au niveau des postes de responsabilité mais aussi et surtout lors de la journée du vote, celle du 26 octobre 2014, aux prochaines élections municipales qui, au regard de la ministre, sont tout aussi importantes, sinon plus. « Cette semaine devrait être dédiée à la sensibilisation des femmes, à l'impératif de voter dimanche prochain, à exprimer leur citoyenneté et à choisir leur destin».Et d'ajouter, les femmes doivent se préparer à gagner, par ailleurs, la bataille des élections municipales dès aujourd'hui. L'enjeu est de réussir à être têtes de liste et à jouer un rôle au sein de son parti. Ces derniers sont aussi appelés à les encadrer et à les préparer à gérer un conseil municipal. Partant, il est impératif de renforcer les capacités de la femme.Loin du compteComme l'a si bien souligné Dorra Mahfoudh, sociologue, nous sommes encore loin des objectifs escomptés. «La moyenne de la présence des femmes dans les parlements dans le monde est de l'ordre de 21,4%. Dans le monde arabe, elle n'est que de 15,9% contre une moyenne de 42% dans les pays nordiques. En Tunisie, elle est de l'ordre de 26,7%, sachant, souligne la sociologue, que plusieurs femmes ont été remplacées par des hommes, au sein de l'Assemblée nationale constituante (ANC). Cela dit, 20 ans après la conférence de Pékin, qui a fixé l'objectif de 30% de femmes dans les parlements, on est encore loin du compte.Au regard des données présentées par la sociologue, l'objectif de Pékin, fixé en 1995, ne serait réalisé, dans le monde, qu'en 2025. Quant à l'objectif de la parité, il ne se réaliserait qu'en 2040. Et les raisons sont multiples. D'abord, la conception du rôle des femmes : la question des droits des femmes, la discrimination et la situation socioéconomique. En tout état de cause, les chiffres, de par le monde, confirment la faible présence des femmes. Elles ne sont que 8 femmes présidentes ; 10 Premiers ministres, 16% dans des postes de ministres, et 3 à 5% dans des postes de décisions au sein de leur parti. Force est de constater que le chemin est encore long pour la consolidation du rôle des femmes dans l'espace public. Un rôle qui ne serait plus efficace qu'à la suite de la résolution des problèmes relatifs aux facteurs structurels des relations sociales entre hommes et femmes.
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