
Ça bouge depuis un certain temps à l'Hôtel de Ville, sans bruits, ni fracas ! On n'a pas lésiné sur les moyens financiers pour mieux éclairer le centre de Tunis et tirer de l'obscurité certains points noirs périphériques. Idem pour le volet hygiène.Une campagne de levée de gravats et déchets de construction vient d'être menée dans plusieurs cités. Une autre est programmée pour le mois de mars prochain. Des micro-entreprises seront engagées, en tant que sous-traitantes, par la commune de Tunis, pour «exécuter», au quotidien, au centre-ville, des coups de balais. D'une pierre deux coups : cela permettra en prime, de résorber plusieurs «bacs plus trois» en chômage. Qui auront le privilège de promouvoir ces unités de services et, en parallèle, le devoir de recruter 300 demandeurs d'emploi. Eclairage !Le centre de la Ville de Tunis est demeuré mal éclairé, malgré la réalisation du grand projet de réhabilitation et de rénovation de Bab Bhar et ses alentours, ayant coûté, du temps de Ben Ali, les yeux de la tête.«M. Lumière» éclaire notre lanterneC'est pour cela que nos édiles communaux ont décidé de renforcer le réseau existant par des lanternes et consoles de grand style, propres à améliorer le look du centre de Tunis en périodes nocturnes. Cette opération, qui coûtera au trésor de la Ville de Tunis quatre cents millions de nos millimes, touchera la zone de Bab Bhar et celle de Bab Souika. Le coup d'envoi, selon le maître communal de la lumière, sera donné d'ici une quinzaine de jours.C'est dans les mêmes délais que démarrera un projet non moins profitable. D'autres quartiers auront plein droit à plus de luminosité au prix de trois cent quatre millions de nos millimes. La chasse à l'obscurité sera menée à la place de la Kasbah et ses alentours, rue Dar El Jeld, rue du Diwan, rue de la Mosquée de la Zitouna, etc.Deux autres programmes similaires viennent de démarrer :L'un concerne la rue Sidi El Béchir, la Cité El Ouardia, la Cité Ezzouhour, El Hraïria, la cité Ettaoufik, El Omrane, Séjoumi et Jebel Jelloud.L'enveloppe allouée à ces cités est de l'ordre de cinq cent soixante-treize millions de millimes.Tandis que l'autre a démarré précisément au mois de décembre dernier. Il profitera aux habitants de la cité Ibn-Khaldoun, El Menzah I, des rues Charles-Nicolle, Jugurtha, Ernest-Conseil et de la place Mendès-France. Le prix à casquer s'élève à six cents millions.Et la boucle est bouclée !On nous annonce aussi qu'on vient de finaliser les procédures de conclusion d'un autre marché, grâce auquel il sera procédé au renforcement des points lumineux existant dans la Médina de Tunis. Ceci à travers le rajout de deux cents lanternes, alimentées par 4.500 mètres de câbles.L'entreprise d'exécution des travaux y afférents est déjà sélectionnée. Celle-ci s'engage à tout faire et parfaire dans six mois.Cela dit et, addition faite, tout ce beau monde concerné par les actions en cours et celles projetées confondues se verra tiré de l'obscurité au prix global et approximatif de deux milliards de nos millimes.«M. Propre» ne demeure pas en reste !Par ailleurs, après avoir été si comblé de plaisir par l'éclairage fait par «M. Lumière», voyons maintenant si M. Propre, l'éternel souffre-douleur de tous, ayant toujours le feu aux trousses, pourrait, pour sa part, calmer les esprits soucieux et tenir des propos non moins réconfortants. «Mais bien sûr que oui!», nous explique-t-il, arborant un sourire triomphant... Le brave homme saisit alors la balle au bond pour vanter le mérite de ses troupes, dans sa «croisade» contre la gabegie et l'insalubrité.La commune de Tunis, nous apprend-il, vient de mener une campagne de propreté dans quinze arrondissements municipaux périphériques. Un millier de voyages par camions semi-remorques ont été effectués jusqu'ici. Ce qui a permis la levée de pas moins de vingt mille mètres cubes de gravats et divers déchets de construction anarchiquement jetés dans les espaces publics et les accotements des routes. Il nous été précisé qu'une seconde campagne similaire sera organisée au mois de mars prochain.D'une pierre deux coups!Il nous été donné d'apprendre que la commune est sous forte pression. Et chaque jour que fait le bon Dieu, elle assure la levée de pas moins de six cents tonnes d'ordures ménagères. «M. Propre» nous révèle aussi que ses services ont toujours eu, faute de potentiel humain, des difficultés énormes côté balayage des artères centrales de la capitale et des lieux couramment fréquentés par les touristes. Il nous annonce que les autorités communales sont en train de finaliser les procédures appropriées d'engagement d'une douzaine de micro-entreprises pour le balayage du centre de la capitale.Trois cents ouvriers solidement équipés y seront quotidiennement déployés. C'est à partir de la mi-juin prochain qu'on verra ces troupes s'adonner allègrement à «leur ballet» et donner leurs premiers coups de balai.L'enveloppe déjà réservée à cette action est de l'ordre de deux milliards pour la première année. Ces unités sous-traitantes privées seront promues par des «bacs+trois» frappés par le chômage.Cela sera alors faire d'une pierre deux coups : rendre notre sacro-sainte vitrine propre comme un sou neuf et permettre à nombre de «sans-le-sou» de se faire des sous, par ces temps de disette de sous.La Médina en mal de toiletteCela dit, force nous est d'attirer l'attention de «M. Propre» et sa respectable hiérarchie sur la situation des vieux quartiers de la Médina, qui demeure peu reluisante du point de vue hygiène et propreté. Il est vrai que le civisme manque beaucoup chez beaucoup.Mais il est non moins vrai que le service de voirie est, lui aussi, responsable de telles incuries. Cela à travers l'irrégularité de ses interventions et surtout l'irrespect des horaires de passage fixes et préalablement connus par les habitants de céans. Sans cela, ceux-ci auraient pu limiter considérablement les dégâts en se débarrassant de leurs ordures à temps, sans les accumuler autour de containers toujours débordés...Ah, la cloche du bon vieux temps !«Eurêka ! Eurêka», comme disait Archimède, voilà une belle idée que «partage déjà» le bel ami, Si Ridha El Meksi, baptisé jovialement pour la circonstance «M. Propre». Renouer avec la formidable cloche d'antan commandée par le chauffeur de service, annonçant à chaque fois, solennellement et avec fracas, le passage de l'équipe de voirie.Et ceux qui sont d'un certain âge doivent certainement se rappeler, autrefois enfants, qu'ils étaient sommés par leurs parents de partager la «corvée» des braves hommes de ramassage. Et obligés de se ruer plus vite que le vent vers la rue, dès les premiers tintements de la cloche, alors si familière à tous... Pour jeter directement, dans le camion, le contenu de leurs vieilles poubelles métalliques, sans laisser de traces.A l'époque, nos villes étaient, ma foi, beaucoup plus propres. Aux moindres moyens : sans bennes tasseuses, sans containers, sans sachets poubelles, etc. Pas plus que les biceps de ses enfants, «activés» par la cloche du bon vieux temps!
Posté Le : 12/01/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn