D'aucuns se lamentent et critiquent les différents sondages et enquêtes d'opinion qui suivent les tendances de vote en ce moment ainsi que l'avis des Tunisiens sur différentes questions socio-politico-économiques.On reproche à ces sondages leur partialité et leur rôle « malsain » pour guider les intentions de vote vers un parti ou un personnage politique. Ce qui est frappant, c'est que ces critiques viennent des personnages plébiscités comme ceux perdants. Est-ce bien placé ce qu'ils disent ' On pense que non. D'abord, ces enquêtes et sondages sont menées essentiellement par deux boîtes spécialisées qui élaborent leur travail sur des modèles et techniques statistiques prouvés au niveau de l'échantillonnage (étape clef avec des croisements des critères sociodémographiques et / ou psychographiques et un plan d'échantillonnage scientifique) et aussi la technique de collecte des données, et par la suite l'interprétation des résultats. C'est un travail minutieux avec plusieurs modèles statistiques selon l'objet du sondage. Le problème, c'est que pas mal de politiques qui ne comprennent rien des statistiques réfutent d'une façon naïve et subjective ces enquêtes qui ont souvent prouvé leur pertinence, par exemple lors des différentes élections. Le mal n'est pas dans les sondages d'opinion, le mal c'est qu'on remet en cause les résultats qui reflètent des intentions de vote, la perception de la vie politique et économique dans un moment donné avec aussi des taux d'abstention et des segments indécis conséquents. Cela veut dire que si le contexte change, que si ces partis et personnages politiques changent de rendement, réussissent à convaincre les tunisiens par leurs solutions proposées, les résultats de ces enquêtes vont changer. On peut admettre que ceux qui élaborent ces sondages ont des affinités politiques et peuvent, à travers la façon dont ils posent les questions, orienter un peu les personnes interrogées, ou peuvent commettre des erreurs d'appréciation dues à une marge d'erreur dans le choix de l'échantillon, mais grosso modo, c'était toujours juste. Il faudra sûrement un cadre juridique qui fixe la périodicité et peut-être les techniques et les procédés utilisés, mais dire que ce sont des sondages truqués ou mal intentionnés est un non-sens traduisant même une énorme ignorance des statistiques. Au contraire, on a besoin de voir plusieurs boîtes se mettre dans ce domaine hypertechnique et très complexe ; on a envie de voir les partis politiques mobiliser leurs compétences internes pour effectuer des enquêtes de la même qualité au lieu de chercher des instituts internationaux qui tarifent très cher des résultats aussi fiables que l'on peut avoir ici. Celui ou celle qui élabore le sondage n'est pas responsable de la perception et des tendances des gens, cela on doit le comprendre. Il ou elle vous donne un flash pendant un moment donné sur l'échiquier politique et sur ce que pensent des Tunisiens assez représentatifs de toute la population. L'interprétation et les projections que l'on fait par la suite, c'est à chacun sa manière. Mais au lieu de jeter ses échecs sur les enquêtes d'opinion scientifiques et pertinents à chaque fois testés, que ces hommes et femmes politiques s'intéressent à leurs prestations et leurs discours. Ce sera plus bénéfique pour eux.
Posté Le : 27/01/2022
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn