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Le pot de terre et le pot de fer Evénement imaginaire


«Clopin-clopant comme ils peuvent,L'un contre l'autre jetés,Au moindre hoquet qu'ils trouvent.Le pot de terre en souffre ; il n'eut pas fait cent pasQue par son Compagnon il fut mis en éclats,Sans qu'il eût lieu de se plaindre.Ne nous associons qu'avec nos égaux ;Ou bien il nous faudra craindreLe destin d'un de ces Pots.»(J. de La Fontaine)A la lecture d'un certain nombre de déclarations ou d'informations livrées à nombre de nos confrères, on ne peut qu'être à demi surpris par les réactions de ceux qui sont censés tenir les rênes du pouvoir dans des associations sportives figurant parmi l'élite. Cela nous a remis en mémoire ces vers qui illustrent parfaitement la situation que vivent la majorité de nos clubs. Des clubs nantis (ou qui donnent l'impression de l'être) et d'autres qui vivent le martyre. C'est en fait l'aboutissement de tout un processus vicié à son origine et qui paie le prix de la léthargie qui règne à tous les niveaux du sport national.Bien entendu, il ne s'agit pas de critiquer qui que ce soit, car il suffirait de se mettre à la place de ceux qui ont livré ces déclarations pour comprendre leurs profondes motivations.Voilà des hommes qui ont été assez téméraires, pour ne pas dire «assez fous» et donner l'impression de leur manquer de respect, pour prendre en main une association sportive et qui se trouvent au bout du rouleau. Les hommes sensés se tiennent d'ailleurs loin de ces engins explosifs qui s'autodétruisent.Ils demandent de l'aide et on se réunit pour leur apporter appui. Ils repartent avec un lot impressionnant de promesses. Et la situation qui se dégrade au point où le malheureux responsable, complètement découragé, décide de partir. Il y a laissé des plumes et on risque de le voir y laisser sa santé, sinon sa vie.Nouvelle réunion de crise, largement médiatisée et annoncée longtemps à l'avance, et ceux qui sont censés être les premiers intéressés brillent par leur absence. Pour les «sages» comme pour les fans les plus dévoués et les plus assidus, on ne reconnaît le club qu'à travers les couleurs que portent leurs élus. Cela ne va pas plus loin que des déclarations fortement médiatisées où ils se font passer pour les « sages » du village. Faudrait-il s'efforcer de ramener un titre pour les revoir se pavaner et se fendre de leur plus beau sourire 'La main tendue, pour sauver la situation et aider à maintenir le rythme effréné auquel est soumis un club d'élite, n'est offerte par personne. On se cloître dans une superbe ignorance. Et la première réaction ne se fait pas attendre : on pense que pour sauver les meubles, il devient nécessaire de supprimer des sections et ainsi alléger les charges d'une trésorerie qui n'en est plus une. En effet, comment qualifier des opérations qui se font à sens unique et où on n'enregistre que les dépenses alors que les recettes sont pour ainsi dire insignifiantes 'Et nous y voilà !Pour vivre ou plus exactement permettre au football de survivre, on s'achemine vers la suppression d'autres disciplines. On pourrait rétorquer que les associations sportives sont libres de s'adonner aux sports qui leur conviennent et que personne ne pourra les obliger à s'engager dans des disciplines qui leur coûtent d'énormes dépenses.Certes, cela est vrai, mais nous savons ce qui s'est passé avec la dissolution, pour les mêmes raisons, du volley-ball au Club Africain, une des sections les plus titrées du pays. Les mêmes répercussions ont été enregistrées avec la disparition du basketball masculin et des sections féminines de handball à l'Espérance. Et voilà que l'on menace de supprimer de nouvelles sections au sein d'un des clubs de base du pays.Ce n'est pas du tout la réaction légitime de ce club qui est en cause. Mais c'est bien la léthargie des autorités sportives qui demeurent insensibles aux problèmes que vivent nos associations sportives censées être le socle du sport national.D'autres clubs n'en peuvent plus dans cette lutte inégale entre le pot de terre et le pot de fer. Faute de moyens ('), les menaces de fermer boutique se multiplient. Quitte à demander à ces personnes qui brandissent leurs menaces à tout bout de champ si on les a forcées à être là où ils sont, il ne reste plus qu'à leur faire comprendre qu'il suffisait de pratiquer le sport de leurs moyens pour ne pas sombrer dans le désespoir qui est actuellement le leur. A vouloir imiter ceux qui ont plus de moyens ou qui naviguent à vue, en dépit des tempêtes à répétition qui se déclarent à intervalles plus ou moins proches, ils risquent de connaître le sort du pot de la fable.Pour mettre de l'ordre et préserver ce qui reste de ce sport tunisien que des générations ont mis en place au prix d'efforts incroyables, il nous paraît urgent d'agir.Les fédérations se doivent de faire 'uvre utile en posant des garde-fous, et éviter à leurs clubs ces chevauchées fantastiques vers l'inconnu. Le ministère se doit de revoir, en toute urgence, l'organisation des associations sportives et des clubs dans le pays. L'Algérie a senti le danger et l'a fait.Quand prendra-t-on la peine d'affronter de face les vrais problèmes à l'effet de sauver ce qui reste et avant que tous les pots ne se brisent ' Ces subventions que l'on distribue parcimonieusement ne font qu'aggraver la situation. Elles ne résolvent rien !
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