Nés durant le confinement, cinq films en ligne permettent de découvrir des approches singulières et racontent chacun à leur manière les dernières semaines. Une initiative de l'équipe de Doc House avec les cinéastes exigeantes que sont Hinde Boujemaa, Intissar Belaid, Nidal Guiga, Baya Medhaffar et Erige Sehiri.Les films sont en ligne depuis le 15 juin et chacun pourra y retrouver des reflets des dernières semaines de confinement. Nés d'une initiative portée par Soumaya Bouallegui et Doc House, cinq films donnent le ton et constituent de brèves pages d'un carnet de bord ou bien les notes de cinéastes des cinéastes qui ont participé à ce joli projet soutenu par International Media Support et le Danish-Arab Partnership Program. A noter également la collaboration d'Inkyfada à cette initiative résolument plurielle.
Cinq réalisatrices ont participé à cette aventure et ont chacune produit un film d'à peu près cinq minutes. Il s'agit de Hinde Boujemaa avec "Paralysis", Intissar Belaid avec "En attendant la résurrection", Nidal Guiga avec "Silencio, Baya Medhaffar avec "Deux mots" et Erige Sehiri avec "Le chef de gare". Le plus long de ces films, "Paralysis", dure presque huit minutes et le plus court, "Deux mots" se développe en cinq minutes et 22 secondes. C'est dire si la contrainte était grande et passionnante. Il s'agissait en effet selon la charte du projet de filmer, monter et livrer un film en une semaine tout en le créant avec les moyens du bord, que ce soit un téléphone portable ou une petite caméra.
Les cinq réalisatrices ont été des plus inspirées donnant des saveurs particulières à ces exercices de style aussi libres intellectuellement que contraignants techniquement. Nous reviendrons sur chacun de ces films et essaierons d'en extraire souci esthétique et sens profond.
Un dénominateur commun
et de libres élans
Le concept de travail a pour titre "Confi-Doc" et a été lancé aussi bien au Liban qu'en Tunisie. Selon la méthode choisie, cinq réalisatrices travaillaient chacune de son côté pour accoucher d'un film court qui puisse contribuer à la prise de conscience d la pandémie tout en ancrant chaque récit dans des histoires singulières. Par exemple, Erige Sehiri a choisi de raconter le quotidien de Néjib, un chef de gare qui, depuis vingt ans, vit au rythme du passage des trains. Toutefois, alors que le temps semble suspendu, le chef de gare devient une métaphore née des trains qui ne circulent plus. Pour sa part, Baya Medhaffar joue sur deux mots dans le noir et des coups de fil qui se déroulent dans tous les sens. Dans "Paralysis", Hind Boujemaa pose un contexte dans lequel l'écriture et la solitude s'interpellent alors que Nidhal Guiga explore la dialectique de deux temps antagonistes: celui de la nature et celui des êtres humains.
Participant clairement à l'expérimentation cinématographique, ces cinq films sont de véritables pépites pour de nombreux facteurs liés aussi bien à leur genèse qu'à leurs dispositifs respectifs dont le dénominateur commun était le confinement alors que la liberté demeurait le principe moteur. Avec une remarquable économie de moyens, Doc House et ses partenaires nous donnent grâce à "Confi-Doc" du grain à moudre en termes critiques et un corpus exemplaire de la démarche de cinq artistes tunisiennes.
Posté Le : 20/06/2020
Posté par : infos-tunisie
Source : www.letemps.com.tn