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Les remarques et suggestions de José Luis ZapateroTable ronde à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis


Les remarques et suggestions de José Luis ZapateroTable ronde à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis
Rôle de la majorité et de l'opposition en période de transition démocratique... C'est sur ce thème que s'est déroulé hier un débat. Y assistait un invité de marque, l'ancien chef de gouvernement espagnol...Un match de rhétorique et d'interprétation de la réalité politique s'est joué hier à la faculté des Sciences juridiques politiques et sociales (Fsjps) entre le député Fadhel Moussa et le porte-parole du parti Ennahdha, Zied Laâdhari, à l'occasion d'une table ronde autour du «rôle de la majorité et de l'opposition en période de transition démocratique»... Table ronde organisée par le Pnud et le Club de Madrid.Devant un parterre d'étudiants venus écouter principalement l'ex-Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, les deux adversaires politiques ont tenté d'exposer à l'invité ibérique leur décryptage de la transition démocratique en Tunisie.Fadhel Moussa, doyen de la faculté hôte, modérateur du débat et, par ailleurs, membre et député du parti Al-Massar, soutient que si la majorité (Troïka) a accepté le principe du consensus national, c'est en grande partie en raison de la pression populaire exercée par ce qu'il a appelé "l'opposition démocratique".Selon lui, grâce à cette mobilisation et au Dialogue national, il y a eu une forme de "contrat entre les forces politiques du pays qui, désormais, discutent d'égal à égal".Prenant la parole au cours du débat, le porte-parole du parti islamiste a fait gentiment savoir que l'exposé de Fadhel Moussa n'était pas fidèle à la réalité et qu'il était teinté de subjectivité."Les manifestations qui ont suivi l'assassinat du député Mohamed Brahmi n'ont pas accéléré le processus ou forcé la main de la majorité. Elles ont au contraire retardé le processus électoral".Pour lui, ces sit-in ont retardé de six mois la mise en place de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) : "Les membres de l'Isie avaient déjà été choisis, puis le processus a été avorté pour que, finalement, six mois après, on choisisse les mêmes personnes", a-t-il fait valoir.Zapatero admirateur critiqueCe que ne savaient peut-être pas nos deux députés, c'est que l'ancien chef du gouvernement espagnol, membre du Club de Madrid, a suivi avec "beaucoup d'intérêt" les différents épisodes de la transition démocratique en Tunisie. Il semblait connaître aussi tous les recoins de la nouvelle Constitution, au point d'en discuter les détails.José Luis Zapatero a couvert d'éloges le parcours de la Tunisie depuis trois années. Trois années qu'il qualifie d'exemplaires.«Vous avez résolu d'une façon très originale la dialectique entre religion, laïcité et sécularisation... Votre constitution est celle du consensus, et je voudrais dire que le consensus est le sens authentique d'une constitution», avance-t-il.Venu dans le cadre du Club de Madrid défendre la démocratie, il en donne une définition on ne peut plus convaincante : «Un système de limites dans lequel personne ne peut imposer son projet de façon définitive».Dans un deuxième temps, l'ex-chef du gouvernement espagnol a émis plusieurs réserves quant au contenu de la Constitution. Il déplore notamment la non-abolition de la peine de mort. Un sujet qui lui est cher. Une des critiques qu'il appose au dos de notre Constitution concerne, en outre, les verrous, trop nombreux, selon lui. «Ceux qui ont écrit ce texte ont eu peur du retour d'un pouvoir excessif. Or je pense qu'à un moment donné il faut qu'il y ait quelqu'un pour prendre des décisions», explique-t-il.Il cite, à titre d'exemple, la limitation, pour le gouvernement, de la possibilité d'émettre des décrets, alors que, selon lui, le gouvernement en a besoin pour gouverner.D'un autre côté, José Luis Zapatero est sceptique sur la capacité de la Cour constitutionnelle de statuer sur l'ensemble des projets de lois qui lui seront soumis dans les délais fixés par la Constitution. "Si la Cour constitutionnelle y arrive, ce serait un miracle !", déclare-t-il.Le socialiste espagnol vient également avec des propositions pour la Tunisie. Ainsi, il suggère que le statut de «chef de l'opposition» soit institutionnalisé. Un statut qui lui conférerait certains droits et certaines responsabilités.
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