Une armée composée d'un seul homme part à la conquête d'idées qui peuvent faire du bien aux Etats-Unis.La Tunisie, un des neuf pays où Michael Moore a filmé son dernier documentaire, a accueilli une projection spéciale du film vendredi dernier. «Where to invade next» a été montré en simultané dans ces pays. La projection tunisienne a eu lieu au CinéMadart, avec une introduction en duplex avec la projection principale aux Etats-Unis, en présence du réalisateur. Du côté tunisien, c'est la journaliste Amel Smaoui qui a guidé le réalisateur en filmant dans notre pays en 2013. Elle a présenté le film vendredi, en expliquant le succès mondial qu'il a eu, et l'impact de la partie tunisienne sur les spectateurs, qui ont plusieurs fois applaudi au milieu du film.Certains critiques ont considéré «Where to invade next» comme le plus audacieux, le plus subversif, voire le meilleur de ces documentaires. Le réalisateur américain, auteur entre autres de «Bowling for Columbine» (2002) et «Fahrenheit 9/11» (2004), tous deux primés au festival de Cannes, est connu pour ses positions contre les choix politiques de son pays et ceux qui les représentent, à l'intérieur comme à l'extérieur. Un déserteur, caméra à la main, qui exprime ses opinions de manière frontale. L'humour est toujours au rendez-vous dans ses films et «Where to invade next» n'a pas fait l'exception. Cela s'annonce dès le titre, qui emprunte le ton grave et les faux airs sérieux des politiciens, et le synopsis qui précise: «Les Etats-Unis ont toujours fait la guerre pour prendre des richesses aux pays vaincus. Les guerres contre l'Irak et le Vietnam ont été perdues. Et si les Américains, représentés ici par Michael Moore, allaient «envahir» l'Europe pour y «voler» les bonnes idées, plutôt que le pétrole ou l'or...».Une armée composée d'un seul homme part donc à la conquête d'idées qui peuvent faire du bien aux Etats-Unis. Neuf pays dans trois continents ont reçu la visite du conquérant Moore. Il est allé à la rencontre de simples citoyens, hommes et femmes, de chefs d'entreprise, de directeurs d'école, de policiers, de politiciens et même d'un président. D'Italie, il ramènerait les congés payés et la longue pause du déjeuner. De France, les repas équilibrés et consistants dans les cantines des écoles. Des pays scandinaves, leur système d'éducation et leurs prisons et du Portugal, la dépénalisation totale de la consommation de drogues, une idée qui a progressivement conduit à la baisse de ce phénomène. Quant à la Tunisie, elle inspirerait le pays de l'oncle Sam par le droit à l'avortement et le planning familial, et par l'alternance pacifique au pouvoir. Dans les circonstances actuelles en Tunisie, on ne partagerait pas forcément l'enthousiasme de Moore mais son film nous apprend beaucoup sur nous-mêmes et sur les autres, dans des domaines, où nous avons de la chance et d'autres qu'il faut travailler.Sans filmer dans son pays, Michael Moore en dresse un portrait alarmant, sur les plans social, politique et économique. Il fait une analyse clairvoyante et des recoupements historiques pertinents, qui donnent un sens nouveau à l'Histoire de son pays et dénoncent les injustices, surtout celles à l'encontre des Noirs. Ainsi, il montre comment la cause des Noirs a été tue en usant de lois anti-drogues, emprisonnant des milliers de Noirs, les privant de surcroît de leur droit de vote. Moore souligne quand même qu'une grande partie des bonnes idées qu'il a recueillies dans ce film a été inspirée aux pays qui les ont adoptées par l'Amérique et ses principes fondateurs. Il parle surtout de dignité humaine et d'un système qui fonctionnerait autour de cette idée. A méditer!
Posté Le : 03/08/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn