
A deux mois de l'assemblée élective de la FTF, les contre-performances répétées des sélections donnent à réfléchir.Le football tunisien vole de déception en déception. Il passe désormais en grand spécialiste des illusions perdues. A Kigali, après avoir fait nourrir de grosses ambitions au terme de la première phase du Chan qu'il avait terminée sur un retentissant succès (5-0) aux dépens du Niger, il est tombé dimanche dernier de très haut. Les spécialistes, qui ont fait des Aigles de Carthage un favori en puissance pour le sacre final, ont dû se raviser.Au-delà de tous les arguments avancés par les analystes : fragilité défensive, baisse de rythme physique et manque de fraîcheur, incohérences managériales, défaillances individuelles des cadres présents dans la capitale rwandaise, c'est un grave constat d'échec de la gestion fédérale qui creuse aujourd'hui un peu plus le fossé entre les sélections et le public sportif. Le premier responsable de ce énième fiasco reste, à notre avis, le laxisme des dirigeants du sport-roi dans le pays, et la légèreté avec laquelle ils jettent l'élite représentative dans la gueule du loup. Pourtant, il y avait bel et bien de la place pour une grosse performance à Kigali. D'abord, parce que le niveau de la compétition n'est pas très relevé, comme ont pu le vérifier les copains d'Ali Maâloul. D'ailleurs, sans le black-out total en deuxième mi-temps sur le plan physique, face aux Aigles du Mali, ils auraient pu accéder sans coup férir au carré d'as. Le Chan n'a rien à voir avec la CAN, de ce point de vue : tout juste une révélation par-ci par-là, quelques jeunes qui vont rapidement trouver preneur dans des championnats plus huppés, que ce soit au Maghreb ou en Europe (le cas, déjà, du buteur nigérian Chikatara qui s'est engagé en faveur des Marocains du Wydad de Casa)... Rien de vraiment transcendant.Laxisme et incohérencesC'était pourtant sans compter avec les incohérences de la politique fédérale : oui au Chan, sans pour autant assurer les moyens de la réussite. Au contraire, on fait paradoxalement tout pour court-circuiter l'équipe représentative, ou presque :- On oppose un laxisme total au forfait de quelques joueurs de base qui se justifient à coups de «certificats médicaux de complaisance», si l'on peut s'exprimer ainsi. Résultat : la moitié de l'équipe reste à Tunis.- On propose un semblant de préparation sous forme d'une petite semaine de stage à Monastir sanctionnée par un match d'entraînement contre l'USM. Là où d'autres nations étaient allées se préparer en altitude, en Afrique du Sud par exemple, concluant trois ou quatre matches devant des sélections africaines. En fait, le seul vrai test de la phase précompétitive prévu face au Rwanda, le 10 ou 11 janvier, a été annulé, les deux fédés ne pouvant se mettre d'accord sur le lieu de cette rencontre.- Pour boucler la boucle, un vrai attentat aux dispositions et à l'intégrité physiques des joueurs : un cycle de sept journées de championnat en une vingtaine de jours imposé tout juste avant le Chan. Une curieuse «mise en train» qui allait produire ses effets tôt ou tard. Et ce fut l'implosion de dimanche sous le soleil brûlant de Kigali.Le bureau fédéral a, en point de mire, les élections du mois de mars prochain. Son bilan au registre des sélections nationales est calamiteux: pas de qualification au Mondial, des sorties peu glorieuses, au mieux au stade des quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations et du Championnat d'Afrique réservé aux joueurs locaux, pas de qualification aux Jeux olympiques, parcours insignifiant des sélections des jeunes...Où va-t-on après le ratage du Chan'
Posté Le : 03/02/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn