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Pendant que l'on vous montre le Panama…


Pendant que l'on vous montre le Panama…
L'actualité de la semaine a été bien macabre avec le décès de trois personnalités du monde médiatico-politico-culturel : Sghaïer Ouled Ahmed, Adel Mothéré et Abderrazak Hammami. Paix à leurs âmes.L'actualité de la semaine a également été marquée par l'histoire des Panama Papers qui a fait la une de tous les médias de la planète.Partout, on jouait aux « scandalisés » de découvrir que les hommes politiques peuvent être mêlés à de sales affaires de corruption. Il fallait passer par des documents fuités du Panama pour le découvrir. Heureusement que George Soros existe ! Qu'aurait-on fait sans lui !Pour le moment, seulement deux noms de Tunisiens ont été diffusés par les Panama Papers et, pour le moment, aucun des deux n'a fait quelque chose d'illégal, ni même de moralement ou politiquement répréhensible. Il n'y a donc pas encore de scandale. Que ceux qui ne comprennent rien à la politique et au monde des affaires continuent à crier au scandale, si ça les amuse !Ceux qui veulent sincèrement lutter contre ce fléau en Tunisie n'ont pas besoin d'aller au Panama pour ce faire et encore moins attendre qu'on leur désigne des noms jetés en pâture à la vindicte populaire. La corruption est là devant nous, au quotidien, y compris pour les politiques les plus en vue. Elle a été dénoncée par des ONG aux moyens ordinaires, des magistrats justes et des journalistes sincères et démunis qui ne se la jouent pas. Les corrompus et les fraudeurs figurent parmi ceux-là mêmes qui nous poussent aujourd'hui, en toute hypocrisie, beaucoup de culot et trop d'insistance, à regarder du côté du Panama , à voir le mail qu'aurait envoyé Mohsen et à auditer les complexes affaires de Samir. En attendant la prochaine diversion planétaire, occupons-nous de nos affaires.Pendant que les élus sur les listes de Nidaa continuent à se chamailler et à se disputer le play-boy (ou la playmate) de service, les élus d'Ennahdha poursuivent leur travail en silence et en toute quiétude surtout. Les islamistes sont déjà premiers à l'assemblée et ils entendent l'être aux prochaines municipales. Pour atteindre cet objectif, ils s'entrainent comme des athlètes de fond avant d'entamer leur prochain marathon électoral. Le premier test grandeur nature qu'ils auront à affronter est celui de leur propre congrès.En dépit de leurs différends, et ils en ont, ils partiront unis et soudés, à ce congrès d'abord et aux élections ensuite. Le principal élément de discorde est la question de la séparation du religieux et du politique. La droite d'Ennahdha voit en la prédication religieuse un élément essentiel et incontournable de la politique, faisant partie de l'ADN même du parti. L'argument massue des défenseurs de cette doctrine est que Dieu doit être présent partout, y compris en politique.La gauche d'Ennahdha voit que ce mélange est devenu incompatible avec la réalité sociopolitique de la Tunisie d'aujourd'hui. Son argument massue est que cette doctrine n'est pas porteuse électoralement et risque même d'être suicidaire. Pour convaincre définitivement leurs frères conservateurs de mettre entre parenthèses et momentanément la parole d'Allah, on leur demande de retenir les leçons du passé lointain et ses souffrances (sous Bourguiba et sous Ben Ali) et du passé récent (sous la troïka) et ses échecs. On leur rappelle ce qui s'est passé en Egypte et on leur montre que les lobbys anti-islamistes dans le pays sont puissants. Qui des deux camps d'Ennahdha convaincra l'autre 'C'est évident, le sujet est épineux et divise énormément, mais les Islamistes partiront néanmoins soudés à leur congrès. Ils n'attendront même pas la tenue de ce congrès pour débattre, se débattre et étaler leurs divisions, ils l'ont déjà fait ce week-end à l'occasion du « majlis choura ». Ils iront donc rassemblés et sortiront unis de leur congrès du mois de mai et déclareront que celui-ci a réussi avec une motion approuvée par la majorité. Vous pariez 'Il en sera de même aux prochaines élections municipales puis aux législatives, puis à la présidentielle.Le scénario de 2011 va se répéter et, cette fois-ci, ce sera définitif. Une fois les Islamistes élus pour cinq ans, ils auront toute la légitimité de faire ce qu'ils veulent dans ce pays.Ceux à qui cela ne plaira pas pourront quitter le pays vers le Panama qui les occupe tant en ce moment. Les autres auront le choix entre laisser pousser la barbe (ou porter le foulard) et pleurer leur Tunisie jusqu'à la mort.
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