
Avec un Président de la République cantonné aux fonctions honorifiques et protocolaires, un gouvernement attentiste et amorphe, des élus fantomatiques dont l'unique souci est une augmentation salariale , des institutions à l'arrêt et des échoppes de Partis plus prompts à caresser les égos des présidents qu'à présenter des visions stratégiques , la scène politique est quasiment vierge pour qu'émerge l'Ayatollah Gannouchi comme patron tout puissant de la Tunisie. Il est bel et bien l'homme fort du pays et a réussi le tour de passe-passe magique : délocaliser le centre du pouvoir de Carthage et la Kasbah à Montplaisir.Peu représenté dans le gouvernement avec seulement 1 Ministre et 1 Secrétaire d'Etat, Ennahda reste invisible dans les luttes quotidiennes du pouvoir et ses troupes sont au rang malgré l'absence de leur Parti des derniers mouvements de Gouverneurs et d'Ambassadeurs. Néanmoins les tunisiens sont témoins du génie de l'Ayatollah Gannouchi et du succès fulgurant de sa stratégie du pouvoir sous-marin. Profitant d'une scène politique chaotique et surréaliste composée de renégats, d'agents doubles, de chefs de clans, de mercenaires et d'opportunistes qui se livrent une bataille sans merci, il tisse sa toile pour occuper l'espace public et placer ses hommes dans le 2 et 3 eme rang de l'administration.L'Ayatollah Gannouchi a tout compris. Aux officiels les honneurs et le pouvoir de façade, à lui le système, les rouages et le pouvoir de l'ombre. Ceux qui tiennent les rênes du pouvoir ne sont ni à Carthage, ni à la Kasbah mais à l'intérieur des administrations tunisiennes dopées du temps de la Troika par des hommes et des femmes bien organisées, acquis à la cause du Parti et qui ont pour mission de pérenniser ce pouvoir invisible. La vraie conquête n'est pas la bataille des nominations gouvernementales mais le terrain investi par son Parti à qui les tunisiens ont refusé le commandement du pays à 2 reprises. Alors que les clans se disputent les postes dans les hautes sphères, les hommes de l'Ayatollah se sont engouffrés dans les administrations pour les noyauter de l'intérieur, les infiltrer et imposer à terme le tempo de leur Parti.Un travail de fourmi mené depuis presque 5 ans et qui finira par payer car contrairement aux clans mafieux qui se livrent une bataille sans merci pour la mise à mort de leurs rivaux, l'Ayatollah Gannouchi mène un combat générationnel pour marquer l'histoire. L'esprit consensuel est son arme secrète et la hauteur de son parti par rapport aux nominations est un argument pour qu'enfin le vrai pouvoir revienne à ceux qui ont travaillé dans l'ombre loin des paillettes, des rivalités et des salons feutrés de la République.
Posté Le : 27/08/2015
Posté par : infos-tunisie
Source : www.tunivisions.net