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Préserver la réputation de «bon payeur» Commentaire


Préserver la réputation de «bon payeur» Commentaire
Par M'hamed JAIBILa question de l'endettement est devenue un leitmotiv de l'action politique et du discours d'agitation et de propagande du Front populaire et de divers courants de la gauche et de l'extrême gauche tunisiennes. Une attitude qui fait mine de tendre un doigt quelque peu accusateur en direction de tout le reste de la classe politique.Le député frontiste, Ammar Amroussia, a ainsi estimé, sur Express FM, que le taux d'endettement du pays, qui approche effectivement les 54% du produit intérieur brut, est devenu insupportable et finira par mener le peuple tunisien à la révolte. Il indique, à l'appui, que 17% du budget de 2016 serviront au «remboursement des dettes de l'ancien régime». Et de conclure que l'endettement «représente une nouvelle forme de colonisation», estimant que les 217 députés du peuple sont, en définitive, en train de «vendre le pays par tranches».Enfin, considérant que le droit international prévoit la possibilité pour un pays de demander la suspension de dettes contractées par un régime déchu, pendant 3 ou 4 ans, le député estime qu'un tel répit permettrait à la Tunisie de redresser son économie et de dépasser, en partie, la crise actuelle.Mais, en fait, si la suggestion du Front populaire semble ainsi recevable quant au fond, elle péche par une tendance au parti pris à l'égard de nos pourvoyeurs de fonds traditionnels et des institutions financières internationales ainsi classés au rang de «colonisateurs», alors même que notre pays ne cesse de solliciter leur manne financière, laquelle nous avait permis, durant plusieurs décennies, sous Ben Ali, des performances remarquables en matière de croissance économique et de développement. Même si nos aspirations en matière de développement n'ont pu être totalement assouvies, s'agissant notamment de nos régions intérieures et du chômage qui frappe de plein fouet notre jeunesse.Le gouvernement tunisien pourrait bien, effectivement, opter pour une pause dans le remboursement de la dette ou des frais de la dette, mais il préfère légitimement garder cette éventualité comme ultime recours et se concentrer sur la sollicitation de nouveaux afflux financiers, tout en accréditant une nouvelle fois la réputation de «bon payeur» dont jouit la Tunisie.Maintenant, il s'agit pour tous les Tunisiens et l'ensemble de la classe politique, Front populaire inclus, d'accélérer les grandes réformes et l'entrée en action concrète du nouveau Code d'investissement, afin que soient relancés les investissements et les créations d'entreprises, de même que d'activer le «nouveau modèle de développement» dont tout le monde se réclame et qui ne pourra être enclenché sans une véritable relance de l'économie nationale.
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