Les grèves de l'enseignement secondaire appellent à une évaluation objective du tableau général auquel a abouti, en définitive, cette confrontation répétée, devenue interminable entre la Fédération générale de l'enseignement secondaire et le ministère de l'Education. N'oublions surtout pas que cela dure depuis quatre ou cinq ans, et qu'un ministre a déjà été limogé pour avoir donné satisfaction aux syndicalistes, sachant qu'une première liste d'importantes revendications, réputées « légitimes », a été satisfaiteDepuis la révolution, le recours à la grève a pris l'allure d'une menace pratiquement quotidienne guettant la moindre déconvenue ou parfois des prétextes anodins, pour cesser le travail et bloquer la production. Certes, la grève est un droit constitutionnel, mais ce n'est pas un droit nouveau qu'aurait apporté la révolution populaire. C'est un droit qui, comme dans tous les pays du monde, est et doit être minutieusement réglementé.
Ce qui en Tunisie a été dévolu au Code du travail. Mais, malgré les détails procéduraux par lesquels ce code réglemente le droit de recours à la grève, celleci reste un moyen extrême de pression dans le cadre des négociations entre employeurs et employés, qui doit respecter le fondement des engagements contractuels entre les deux parties, dont la préservation de l'intégrité de l'outil de travail et de l'entreprise ou l'établissement, ainsi que le respect de la mission sociale ou économique qui leur est dévolue. L'exemple des grèves de l'enseignement secondaire appelle, ici, à une évaluation objective du tableau général auquel a abouti, en définitive, cette confrontation répétée, devenue interminable entre la Fédération générale de l'enseignement secondaire et le ministère de l'Education.
N'oublions surtout pas que cela dure depuis quatre ou cinq ans, et qu'un ministre a déjà été limogé pour avoir donné satisfaction aux syndicalistes, sachant qu'une première liste d'importantes revendications, réputées « légitimes », a été satisfaite, ce qui confirme que la Fédération générale a obtenu de quoi patienter et de quoi se prévaloir auprès de sa base. Car l'intérêt national général du pays et ses moyens financiers fort limités invitent à la modération, au dialogue et à la retenue.
Le climat de cette confrontation frontale, souvent peu courtoise, a donné aujourd'hui lieu à un désolant spectacle de débâcle dans l'ensemble de l'institution éducative où nos élèves prennent figure de laisséspour-compte, voire d'otages ou de boucs émissaires, alors qu'ils sont l'essence de la mission revenant autant au ministère qu'aux enseignants.
Prenons le cas, à titre d'exemple, de la revendication d'abaissement de l'âge de la retraite à 57 ans et de sa causalité qui serait la pénibilité du travail de l'enseignant. Il s'agit là de deux notions qui, dans un pays en transition, traversant une crise économique et financière profonde, font figure de revendications de confort qui pourrait bien retarder son dénouement et se passer de cet empressement jusqu'au-boutiste qu'affiche le syndicat. Il ne s'agit donc pas uniquement de sauver l'année scolaire mais de sauver l'éducation nationale, sa mission éducative si essentielle et la crédibilité de celle de l'ensemble de nos enseignants
Posté Le : 25/01/2019
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn