Huit ans après, quel bilan pourrait-on avancer ' Outre les droits de l'Homme et du citoyen, la liberté d'expression et de presse, les partis et les associations. Quant à l'économie, à la monnaie nationale et au pouvoir d'achat, ils attendent que les syndicats croient en un appel national à la convergence patriotique qui tarde à se faire entendreL'insurrection populaire déclenchée le 17 décembre 2010 et qui a abouti, le 14 janvier 2011, au départ de Ben Ali, a atteint huit ans d'âge. L'âge de raison pour une révolution, mais la nôtre n'a pas toujours donné la mesure des transformations dont elle a fait rêver les masses populaires, notamment dans les régions.
Ayant d'emblée ouvert grande la porte des libertés et des transformations démocratiques, elle n'a cessé, en vain, de courir derrière les réformes économiques promises et leurs conséquences sociales évidentes dont les louanges étaient à la mesure des dénonciations scandées par les insurgés, dont ceux devenus martyrs et blessés de la révolution.
Ces jeunes victimes du désemploi, de la marginalisation et de la misère qui se sont révoltés contre l'arbitraire que faisait régner «la famille», attendent toujours la liste définitive de ceux qu'on dédommagerait. Alors même qu'en douce des milliers de militants sans rapport avec la révolution ont été fonctionnarisés et socialement sécurisés.
Sur le plan politique, le régime présidentiel auquel ont été associées les dérives autoritaristes et le centralisme de la gouvernance a laissé place à un parlementarisme partitocratique que modère désormais un président de la République élu directement par le peuple mais aux prérogatives limitées.
Cependant, l'Assemblée, émanant du libre choix pluraliste des citoyens, est en fait issue des listes de candidats parachutées par les états-majors partisans. Ce qui donne à voir un parlement rarement inventif, manquant de compétences politiques et porté sur les longues polémiques stériles. Heureusement qu'il a trouvé en le consensus une bonne issue de secours.
La révolution tunisienne a donné libre cours à l'agitation sociale et à la revendication perpétuelle. Des catégories mal loties, aux emplois précaires et aux rémunérations indigentes ont demandé réparation. Puis suivirent des corps de métiers bien portants sous l'ancien régime, avant que ne s'affichent les éternels mécontents et leurs revendications sans fin. D'où un déséquilibre durable des caisses de l'Etat et une crise économique ayant conduit à la fuite des investisseurs. Sachant que nos rentes classiques du pétrole et du phosphate ont été prises en otage par les sit-in et sabotages desdits «empêchés de travailler».
Enfin, les grandes réformes tardent à arriver face aux lignes rouges braquées par des syndicats de ténors scandant l'indépendance du pays et un collectivisme idéologique que même les puissances communistes ont délaissé.
Alors, huit ans après, quel bilan pourrait-on avancer, outre les droits de l'homme et du citoyen, la liberté d'expression et de presse, les partis et les associations '
Quant à l'économie, à la monnaie nationale et au pouvoir d'achat, ils attendent que les syndicats croient en un appel national à la convergence patriotique, qui tarde à se faire entendre.
Posté Le : 14/01/2019
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn