Les positions divergentes entre les syndicats au sujet des grèves jettent l'opprobre sur les professionnels des taxis.L'annulation de la grève des taxis prévue pour le jeudi 15 novembre 2018 n'a pas tôt fait de porter ses fruits pour un meilleur climat social que le secteur retombe dans ses travers. Il souffre de mille maux : de l'insécurité au manque à gagner en passant par les infractions en série ! La récente nomination à la plus haute sphère du ministère du Transport, qui a eu pour impact immédiat l'annulation salutaire de la grève sectorielle des taxis n'aura pas tenu plus d'une semaine, qu'un nouvel incident vient tout gâcher ! Le décès le week-end dernier d'un taximan au volant de sa voiture jaune à Sidi Hassine (Ettadhamen) suite à un braquage par des individus mal intentionnés qui voulaient récupérer la «caisse» et son butin n'est pas resté lettre morte. Un cortège de taxis s'est dirigé hier matin à la place Bab Alioua pour dénoncer à cor et à cri leurs mauvaises conditions de travail par la voix de l'Union tunisienne des taxis individuels (Utti). Le conducteur de taxi lâchement assassiné en février 2018 au Belvédère reste dans les mémoires. Un rassemblement qui n'est pas du goût du vice-président du syndicat officiel de la corporation des taxis.
Désaveux
M. Adel Arfa, de la chambre syndicale des taxis relevant de l'Utica, désavoue la grève ouverte annoncée. Il s'insurge contre cette grève qu'il juge «sans fondement». Il donne une réplique qui recadre le contexte : «L'Utti n'en fait qu'à sa tête et ne rate pas la moindre occasion pour tirer à boulets rouges sur la position de notre syndicat qui défend les intérêts des taxis». Ils montent sur leurs grands chevaux et appellent à la grève leurs adhérents pour faire des étincelles. En effet, la grève décidée dans la précipitation s'apparente comme un coup de force contre certaines parties au pouvoir. En attendant sur le terrain, au coup de dix heures, les taxis défilent paisiblement en ville sans précipitation et comme si de rien n'était. Les prochaines péripéties renseigneront sur l'issue de ce secteur qui sent le soufre.
Posté Le : 27/11/2018
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn