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Tunis : 2015, l'année de la non-économie. A oublier, au grand regret de 2015 !


Tunis : 2015, l'année de la non-économie. A oublier, au grand regret de 2015 !
L'année qui s'en va sera certainement une année à oublier. En 3 chiffres, on pourrait dire que 2015 aura finalement été l'année de la récession technique avec une croissance presque nulle avec -0,1 % au terme du 3ème trimestre et qui ne devrait pas aller plus loin au terme de tout l'exercice. Cette «annus horribilis» de 2015, aura été également celle d'une dette qui «bouffe» presque 54 % de tout le produit intérieur brut. Mais aussi d'une masse salariale qui représente presque 14 % du même PIB, sans que cela ne produise une quelconque croissance, puisque la Tunisie était en récession technique depuis le second trimestre.2015 aura aussi été l'année de la non-économie. C'est en effet un gouvernement pléthorique qui fait peu de cas de l'économie des dépenses dans un budget en hausse, toujours dans les dépenses et jamais sans les investissements. Gouvernement dépensier, dans les salaires de ses fonctionnaires qui augmentent de plus de 1,3 milliard DT en une année. Une année 2015 de non-économie aussi, dans le sens où tout ce qui se fait depuis une année privilégie le social aux dépens de l'économique et cela dure depuis 2011. Absence aussi de toute vision dans une démarche économique gouvernementale, toujours remise en cause par son opposition qui n'arrive pas non plus à changer le schéma de croissance, demandant des réformes et s'y opposant lorsqu'elles essaient de se faire, comme dans le cas de la loi de Finances 2016. * «L'annus horribilis» qui nous quitte ...En plus concret, même si on n'a jusque là que les chiffres des onze premiers mois de 2015 qu'on retrouve dans la dernière note de conjoncture de la BCT, «l'indice général de la production industrielle a poursuivi son repli à un rythme plus accentué, soit -1,7% contre -1,2% pour 2014. Détérioration de la production minière (-27,7% contre 22,4%). Poursuite du fléchissement de la production énergétique (-5% contre -7,3%). Stagnation de la production des industries manufacturières.Côté tourisme, les indicateurs ont poursuivi leur repli, au mois de novembre. Baisse de 52,2 % des nuitées touristiques globales. Baisse de 23,1 % des entrées de touristes étrangers et chute de 57 % des recettes touristiques. En relation avec la baisse de l'activité touristique, le transport aérien a accusé, au mois de novembre 2015, un repli du trafic aérien de passagers de -18,6% en glissement annuel, une baisse qui s'envole de plus de 3 points par rapport à l'an passé.En cette fin d'année 2015, c'est aussi un déficit de la balance commerciale de 11,2 milliards de dinars. Une débandade budgétaire quelque peu atténuée par le fléchissement des cours internationaux des hydrocarbures. Les revenus du travail ont diminué de 5,3%, pour se situer à 3.451 MDT. En conséquence, c'est un déficit courant à presque 8 % du PIB. Côté avoirs nets en devises, les réservent fondent comme neige au soleil. 12.473 MDT à fin novembre dernier, contre 13.097 MDT et 112 jours à la fin de l'année 2014. Fonte aussi de la valeur du Dinar tunisien.Au terme des onze premiers mois de l'année, le dinar s'est déprécié de 10% par rapport au dollar et s'est apprécié de 3,4% vis-à-vis de l'euro. Le Dinar reste cependant plus de deux fois moins cher que l'Euro qui représente pourtant plus de 80 % de nos échanges.Côté inflation, en glissement annuel, elle est revenue à 4,3% au mois de novembre 2015. Mais, comme le disait le gouverneur de la BCT, «Une inflation qui diminue avec une croissance qui baisse, cela s'appelle une déflation ». Cette évolution s'explique par la décélération de la hausse des prix des produits manufacturés (4,4% contre 5,3%). Quant au taux d'inflation des produits alimentaires, il a conservé le même rythme du mois précèdent, soit 3,4%, alors que la hausse des prix des services est passée de 4,8% en octobre 2015 à 5% en novembre. Suite à ces évolutions, le taux d'inflation moyen des onze premiers mois de l'année en cours s'est établi au même niveau que celui enregistré à la même période de 2014, soit 4,9%. L'inflation des produits dits encadrés (5,7 %) galope plus vite que celle des produits libres (5,1 %).L'argent se fait de plus en plus rare et de plus en plus cher. Les banques manquent de liquidité. En cause, entre autres facteurs, le net ralentissement du rythme d'évolution de l'encours des dépôts bancaires au cours des onze premiers mois de 2015 (2,6% contre 7,2% une année auparavant), sous l'effet de l'évolution modérée des comptes à terme et la baisse des certificats de dépôts. * ... et l'annus mirabilis qu'on nous promet !C'est tout cela l'économie tunisienne en 2015. C'est aussi cela l'image qu'offre l'économie tunisienne en cette fin de la première année du 5ème gouvernement de l'après Ben Ali. C'est aussi cela le bilan d'une première année du gouvernement de la 2ème grande coalition gouvernementale en Tunisie depuis la troïka. Un gouvernement qui promet une croissance de 3 % en 2016, après avoir failli à en faire autant une année auparavant. Un gouvernement qui peine à faire redémarrer une économie qui ne tourne plus rond, avec une classe ouvrière qui ne travaille plus, ne laisse plus les autres travailler et demande toujours plus de salaires. Une vision du développement qui n'a rien d'économique, puisque cette dernière reste basée sur la croissance qui ne vient que par la production et plus de productivité.Mais 2015 sera aussi une année que les Tunisiens regretteront, tant tous les économistes s'accordent à dire que 2016 sera économiquement encore plus difficile. Mais ne nous faisons pas trop peur. Personne, chez le gouvernement Essid, ne viendra paraphraser Winston Churchill, lorsqu'il déclarait, le 13 mai 1940 devant la Chambre des communes, «Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur »pour demander l'appui à son gouvernement.
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