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Tunis-Essid : Un gouvernement populiste qui se met le doigt dans l''il


Tunis-Essid : Un gouvernement populiste qui se met le doigt dans l''il
Au cours de sa réunion, la semaine dernière, avec les Gouverneurs, le chef du gouvernement tunisien a reconnu que «certains responsables au sein du gouvernement et même des ministres n'ont pas compris les orientations et les choix du gouvernement». Habib Essid ne disait peut-être pas la vérité, car, semble-t-il, il n'y a pas que ses ministres et les responsables qui ne le comprennent pas. Il y a aussi tous les médias qui le critiquent et les plus de 58,7 % de la population (dernier sondage de Sigma Conseil) qui ont jugé mauvais le rendement de son gouvernement. Comment en effet comprendre un chef de gouvernement, théoriquement responsable du bien de TOUS, Tunisiens où qu'ils soient et quel que soit leur emploi ' Un chef de gouvernement qui se doit, théoriquement, de préserver les emplois de ces concitoyens et non les détruire. Décryptage :- Essid, le chef de gouvernement qui va détruire 1100 emploisIl y a quelques semaines, un ministre du gouvernement Habib Essid, en l'occurrence celui du transport, a pris la décision d'importer 600 bus usagés. Le prétexte avancé pour une telle décision, antiéconomique puisque le pays dispose d'au moins 3 industriels de la carrosserie, des entreprises qui font le montage de bus de grandes marques européennes, était le manque de ressources du budget et le souci d'assurer la prochaine rentrée scolaire dans les meilleures conditions. La décision était contraire à la loi qui interdit toute importation de véhicules usagés. Elle était présentée comme une exception à la règle. Sauf que c'était la 2ème exception du genre en mois d'un mois et demi. Le ministère du Transport a essayé de donner, en contrepartie, la promesse d'une commande de 1600 bus chez les entreprises locales. Le ministre sait pourtant qu'aucune des entreprises régionales de transport n'a les moyens d'une quelconque commande et qu'aucune banque, publique fusse-t-elle, ne prendra désormais le risque de prêter à une entreprise, déjà fortement endettée et au bord de la faillite. Le ministre sait aussi que la brèche ouverte pour la seconde fois dans l'interdiction légale d'importer des véhicules usagés attisera le désir des entreprises privées du transport d'en faire autant. Certaines ont déjà mis leurs achats neufs en stand-by. Le ministre du Transport continue pourtant dans son populisme, conscient, au demeurant, que sa décision mettra en péril 1100 postes d'emploi existants, déjà érodés à 600 depuis 2011. Il préfère donner de l'argent à la française RATP et vendre l'illusion du problème résolu avec de vieux bus que de préserver l'emploi local en appliquant la discrimination positive pour des entreprises locales qui emploient de la main d''uvre locale, lui paient des salaires, empêchent qu'ils fassent grève et paient des impôts aux caisses de l'Etat.- Essid, le chef du gouvernement du commerce parallèleUn conseil ministériel tenu le jeudi 21 mai 2015 à la Kasbah a décidé de permettre aux familles tunisiennes résidant à l'étranger (TRE) qui décident de rentrer définitivement en Tunisie d'importer un deuxième véhicule moyennant des taxes douanières de 25% en plus du droit d'importer un premier véhicule sans payer les droits de douane sous le régime FCR. La mesure, qui n'est pas la première ni la dernière pour les TRE, a été présentée comme étant destinée à « assurer le retour des tunisiens résidents à l'étranger dans de bonnes conditions ». Force est de souligner que l'on ne peut que s'en féliciter. Et pourtant, économiquement la mesure est jugée catastrophique pour les professionnels de la concession automobile en Tunisie !Il n'est un secret pour personne, gouvernants et gouvernés en Tunisie, que le régime du FCR fait depuis des années l'objet de tous les trafics. Il rend certainement service à beaucoup de Tunisiens, locaux et TRE, mais il fait aussi beaucoup de mal aux caisses de l'Etat et aux concessionnaires automobiles qui versent chaque année plus de 100 MDT en impôts et taxes diverses. Des concessionnaires qui emploient plus de 10 mille personnes, directement ou indirectement. C'est ce trafic du FCR qui constitue le marché parallèle de la ré-immatriculation. Avec le droit (théorique) d'importer une seule voiture en cas de retour définitif, ce marché parallèle qui officie par détournement du privilège fiscal du FCR, représentait bon an mal an la moitié de tout le marché de l'automobile en Tunisie. Pis, c'est ce marché parallèle qui augmente chaque année, alors que les quotas des concessionnaires (marché légal) diminuent chaque année depuis 2011.Avec la décision d'une seconde voiture en FCR, les professionnels craignent, s'attendent même, à un doublement du marché parallèle et à une baisse drastique des ventes du marché légal. Du coup, ce sont les 100 MDT de taxes et impôts que le budget de l'Etat perdra. Ce sont 10 mille emplois qui seront sérieusement menacés. Les ventes des concessionnaires diminuant, ils ne devraient pas tarder à engager des plans sociaux et tout au moins à ne plus envisager l'ouverture de nouveaux points de vente. Du coup aussi, ce seront trois entreprises du secteur, cotées en bourse, qui devraient débrayer et s'attendre à une baisse de leurs résultats. Du coup encore, ce sont les deux prochaines entreprises confisquées par l'Etat tunisien qui devraient avoir du mal à être vendues dans un marché que le gouvernement Essid biaise et menace sérieusement.Plus aveugle que ce gouvernement, qui se met lui-même le doigt dans l''il par ces décisions populistes et sans aucun apport financier ni social, la Tunisie de l'après révolution n'en a pas encore connu !
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