
« Le nouveau gouvernement de Habib Essid est un gouvernement de naufrage et non de sauvetage ». C'est ce qu'a affirmé l'ancien ministre des Finances Houcine Dimassi dans une déclaration, ce lundi 18 janvier à Africanmanager. Et d'expliquer que le remaniement ministériel annoncé le 6 janvier dernier par le chef du gouvernement est de nulle utilité puisqu'il s'est limité à un changement de personnes au détriment de la politique économique et sociale du pays. « On aurait souhaité que la grande mutation soit négociée au niveau de la politique générale du pays et non à celui des personnes, et c'est pour cette raison qu'on avait appelé déjà dès le début à mettre en place un gouvernement de « sauvetage » même si cela ne peut être fait que de manière graduelle. Il s'agit d'une affaire purement politique et non pas de personnes», a-t-il dit.L'ancien ministre a, à ce propos, accusé le gouvernement d'Essid de suivre la même politique et d'adopter les mêmes choix qui ont conduit à l'échec des gouvernements précédents, et de marginaliser par conséquent les grandes réformes telles que la modernisation du système bancaire, la réforme des caisses sociales et certains secteurs locomotives de l'économie nationale à l'instar de ceux du tourisme, des mines et dérivés et des hydrocarbures.Selon Dimassi, ce qui a été fait par Habib Essid au niveau du remaniement ministériel est insignifiant et a été fait juste pour donner un nouveau souffle à un pays plongé dans le chômage, la pauvreté et l'endettement, selon ses dires.Evoquant la croissance économique attendue en Tunisie durant cette année, Houcine Dimassi a affirmé qu'il est très difficile, aujourd'hui, de se prononcer sur la croissance, estimant toutefois que le taux de croissance ne sera pas nécessairement pire que celui de l'année 2015 mais il sera de loin meilleur que celui de l'année écoulée.Il n'en a pas moins estimé que le taux de croissance de 2,5% fixé dans le cadre de la loi de finances 2016 est très peu susceptible d'être réalisé pour plusieurs raisons dont principalement la baisse des investissements, facteur déterminant dans l'évolution de la croissance pour les prochaines années. En effet, selon les chiffres de l'agence de promotion de l'industrie et de l'innovation (APII) basés sur les données relatives au mois d'octobre 2015 en comparaison avec celles de l'année précédente, l'investissement déclaré dans l'industrie a baissé de 4% alors que celui des services a diminué de 17,5%. Cela est dû également, selon lui, à la baisse de l'activité économique, notamment dans les secteurs des mines, phosphate et dérivés, de l'énergie, du tourisme et du transport. L'instabilité politique est aussi parmi les facteurs ayant retardé la reprise économique dans le pays et bloqué le développement économique.S'agissant de la loi de finances 2016, l'ancien ministre des Finances du temps de la Troïka ne s'est pas fait faute de la stigmatiser, soulignant que cette loi a fait la part belle à la consommation plutôt qu'à l'investissement, faisant remarquer, dans le même contexte, que le gouvernement d'Essid a répété les mêmes erreurs que celles commises par ceux qui l'ont précédé, lui reprochant de permettre une augmentation salariale dans le secteur privé dans un pays qui peine à s'affirmer et à amorcer une reprise économique ou au moins à reprendre son rythme habituel à toutes les échelles.
Posté Le : 18/01/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.africanmanager.com