Le pays retient son souffle. L'Etat est à l'arrêt. Au niveau du gouvernement, rien ne va plus. Plus personne ne respecte personne. Au prestige de l'Etat auquel on voulait donner un coup de pouce, on a, finalement, donné un sacré coup de pied là où on devine. Car depuis la fameuse sortie de BCE la veille de Ramadan, pour annoncer sa fameuse initiative, de nombreux ministres, et paradoxalement, parmi ceux qui ont été à l'origine d'un éventuel mécontentement de Habib Essid, ont délaissé leurs dossiers et, même, leurs bureaux, pour courir dans tous les sens et arpenter les couloirs où ils présument que les décisions se prennent, pour se faire pistonner, par telle ou telle partie, en vue de sauter sur la place à la vacuité de laquelle ils ont grandement contribué.Certains ont frappé aux portes des patriarches, voire à celles de leurs princes héritiers, dans l'espoir de se faire parrainer, et pour rappeler les gages de fidélité et d'allégeance dont ils avaient fait preuve, auparavant, pour ces parties au pouvoir décisif. Alors que d'autres, probablement, plus intelligents, voire mieux conseillés, ont opté pour des campagnes personnelles « indirectes ». Ils avaient, aussi, quelque part, peur de se faire griller par les trop forts projecteurs de la scène politique qui ne pardonnent jamais à ceux qui osent trop se mettre en évidence. Ces derniers ont choisi de mettre l'accent sur leurs «ENORMES» acquis à la tête de leurs départements, quitte à se payer les services de quelques supports médiatiques, voire, même, à s'en fabriquer, de supports, en s'appuyant sur les réseaux sociaux. Le tout étant de se rappeler au bon souvenir des ces messieurs les décideurs, ou, le cas échéant, de se faire booster par une « réactivité » populaire « commandée », pour donner l'impression qu'on jouit, effectivement, d'une certaine notoriété auprès de la population, en rapport avec une supposée efficacité au travail.Et c'est précisément, cette dernière stratégie qu'a choisi Saïd Aïdi, ministre de la santé, pour se construire « discrètement », et mine de rien, une image de grand favori et de possible prétendant au poste de premier serviteur de la Cour.Féru qu'il est de nouvelles technologies et habile manipulateur des moyens modernes de communication, Saïd Aïdi a, en effet, opté pour une campagne personnelle, pour se mettre en scène en tant que ministre désintéressé de toutes ces querelles de cour, et qui n'a pour souci que de remplir en toute conscience, son contrat. Il s'est, donc, lancé dans une exposition « virtuelle » de ses réalisations en matière de promotion du secteur de la santé. Mais c'est, justement là, le couac. Car il faudra bien se rendre à l'évidence que malgré tous les efforts de son équipe de com', Saïd Aïdi n'a pas, vraiment, grand-chose à montrer en termes de réalisations. Qu'à cela ne tienne, s'est-il, apparemment, dit ! Ne dit-on pas que les médias sont des faiseurs de miracles ' Alors, sa trop nombreuse équipe de com' n'a qu'à s'arranger pour faire « le nécessaire ».Et c'est ainsi qu'a démarré cette campagne qu'il a voulue tapageuse. Son équipe s'est arrangée pour qu'il ait une couverture médiatique avantageuse à chacune de ses sorties, qui se sont, bizarrement, multipliées ces derniers jours. Et ce, en se basant sur des médias fidélisés, probablement, à coups de chèques. Il a parlé aux médias à l'occasion de chacune de ses sorties, juste pour reprendre l'énumération de ses réalisations à la tête du ministère. Mais comme il n'y en avait, décidément, pas trop, il a remâché des annonces faites il y a des années, en rapport avec un soi-disant nouvel hôpital d'enfants, dont l'avant projet n'a toujours pas démarré. Il a tiré des tiroirs de son bureau d'anciens dossiers de l'époque de Ben Ali, tel le nouvel hôpital universitaire de Sfax. Il a commandé une série de spots vidéo, qu'il a, savamment, intitulée « Avant et après », dans laquelle on montre des améliorations pharaoniques opérées sur de simples dispensaires moyennant de simplissimes travaux de peinture, et de remplacement de meubles et de fenêtres, grâce à des marchés qui ne dépassent guère une poignée de millions.Et c'est à ce moment, quand le travail de l'équipe com' s'achève, qu'entre en piste l'arme secrète de Saïd Aïdi : Une armée secrète de facebookers « fidèles » qui se fondent en éloges, qui se tuent en commentaires et autres partages de ces « exploits » et qui n'hésitent pas à se lâcher sur celui à qui viendrait la curieuse idée de critiquer ou de faire des contre-révélations. Et le comble, c'est qu'en y regardant de plus près, on se rend compte que les proches conseillers du ministre ne se sont pas trop fatigués à « recruter » cette armée secrète, puisque nombreux de ses « guerriers de la toile » ont des liens plus ou moins directs avec l'équipe travaillant autour du ministre.N'empêche que cette stratégie « sous-marin » n'en demeure pas moins intelligente, et elle aurait pu porter ses fruits. Sauf que... Saïd Aïdi oublie, peut-être, que les décisions se prennent ailleurs que dans les cercles qu'il cible, et en dehors des considérations qu'il cultive avec tant d'acharnement.
Posté par : infos-tunisie
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