Par Jawhar CHATTYCeux qui s'attendaient à du sensationnel et à un grand déballage ont été déçus. Hier au palais du Bardo, le chef du gouvernement a imposé le respect. Il a réussi à arracher les ovations, élevant ainsi à soi les représentants du peuple. Avec dignité et hauteur, Habib Esssid s'est comporté en homme d'Etat, démontrant qu'il restera en réserve de la République.Historique : le chef du gouvernement a de son propre chef demandé le vote de confiance. Une première dans l'histoire de la Tunisie et peut-être aussi dans le monde arabe et musulman. Ceci constitue un message de diplomatie publique pour le monde que la nouvelle Tunisie est un Etat de droit respectueux des institutions. Ceci d'ailleurs n'aurait été envisageable sans l'initiative du président Béji Caïd Essebsi pour la formation d'un gouvernement d'union nationale.Dans son intervention, le chef du gouvernement a démontré qu'il n'a pas démérité :' Réussite sécuritaire manifeste dans un contexte sous-régional instable et marqué par une recrudescence du terrorisme,' Quelques avancées sur les plans économique et social en dépit d'un environnement social et politique extrêmement revendicatif et exigeantSur cette base, il a suggéré au prochain gouvernement en quelque sorte une feuille de route à la fois inspirée de l'accord de Carthage et de la première feuille de route du Quartette où les priorités ont pour noms : sécurité, prestige de l'Etat, lutte contre la corruption et la contrebande, lutte contre le chômage et amélioration du pouvoir d'achat. Il a enfin fait un appel du pied pour réhabiliter la stabilité institutionnelle, d'où, semblait-il insinuer, l'urgence de penser sérieusement à réformer la Constitution. Dans cette perspective, un régime présidentialiste serait le mieux indiqué puisque tel qu'il a jusque-là été pratiqué, le parlementarisme à la tunisienne s'est au mieux révélé une source d'instabilité, voire de blocage et d'immobilisme..Pour le prochain gouvernement, la tâche est titanesque. Son succès ou son échec sera jugé à l'aune de sa capacité à relever les défis en matière de sécurité et sur les fronts de la lute contre la corruption et la contrebande. Et bien sûr, sur les fronts de la croissance, de l'emploi et du pouvoir d'achat. Ceci reste tributaire non seulement du nouveau gouvernement, de sa détermination et de son audace mais aussi et essentiellement de la volonté de toutes les composantes de la société politique de l'aider à réaliser ses missions et à être au service de la Tunisie.J.C.
Posté Le : 31/07/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn