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Tunisie : Les 2 «remèdes de cheval» que prépare le ministère pour le tourisme


Tunisie : Les 2 «remèdes de cheval» que prépare le ministère pour le tourisme
La crise du secteur touristique est, depuis mars 2014, une vérité admise en Tunisie. Elle s'ajoute cependant à la crise financière du secteur hôtelier, bien antérieure à 2014, même si nous persistons à dire qu'il y a différence entre hôtel et hôtelier dans cette crise.La dette financière de l'hôtellerie auprès des banques tunisienne est énorme et se chiffre en milliards DT. Quelque 800 unités sont dans ce cas. Elles doivent quelque 1.200 MDT aux banques. Personne ne veut pour l'instant payer. Ceux qui en ont encore le pouvoir, se cachant derrière ceux qui n'ont ont réellement pas au sein de la FTH (Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie). Cette dernière refuse de dénoncer les mauvais payeurs et refile la patate chaude à la BCT qui oppose à son tour le secret bancaire. * D'abord la restructuration financièreEn 2014, un ministre du Tourisme avait imaginé une solution. Il s'agissait alors d'une structure qui devait reprendre à son compte les hôtels incapables de rembourser leurs dettes. La solution, en lien avec la CDC (Caisse des dépôts et de consignations), avait alors provoqué un tollé général et une levée de boucliers des hôteliers qui l'ont refusée.Le 1er avril 2015 sur RTCI, la ministre du Tourisme assurait que «le traitement du dossier avait changé » et faisait savoir que la solution résidait dans un «outil pour assainir le secteur». Depuis, une commission pilotée par le ministère du Tourisme, la FTH, la FTAV, le ministère des Finances et la Banque centrale, planche sur le sujet.Tous restent, pour l'instant, discrets sur cette solution miracle. Nous croyons pourtant savoir de sources sûres et très proches du dossier que, profitant de la situation de crise qui paralyse déjà des dizaines d'unités, à l'arrêt depuis l'attentat terroriste du Bardo, le ministère compte lancer un vaste programme d'assainissement du secteur. Il s'agit, en fait, d'un programme de restructuration financière dans lequel devront s'engager, volontairement, les hôteliers fortement endettés. A l'épreuve de leur transparence et de leur vraie bancabilité, ceux qui acceptent de se restructurer aux conditions des banques pourront accéder à de nouveaux crédits pour se remettre à flot. * Ensuite, les titres «H» et l'immobilierLe deuxième «remède de cheval» pour l'endettement du secteur hôtelier, sera ce que les hôteliers eux-mêmes avaient demandé, c'est-à-dire la possibilité d'utiliser une partie de leurs terrains pour une activité de promotion immobilière. Dans les titres dits «H», qui ont été cédés aux hôteliers à des prix bas, il pourrait leur être permis d'utiliser 30 % de la surface pour des projets immobiliers. L'autorisation, objet d'un décret encore sur le bureau du chef du gouvernement, pourrait en sortir prochainement, bien que les conditions de l'utilisation de ces 30 % de la surface des terrains des hôtels, notamment ceux situés sur le littoral, ne fassent pas encore l'objet d'un accord total avec les hôteliers, dont le président de la Fédération (FTH) serait d'accord sur les conditions du ministère.
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