
De par son timing et son mobile annoncé, le retrait de Mustapha Kamel Nebli de la course aux élections présidentielles laisse fleurir un doute sur sa cause profonde et ouvre la porte à une multitude d'interprétations. Pour s'en justifier, le candidat a invoqué le discours de sédition et de violence ainsi que le recours à l'argent sale dont la campagne électorale est ponctuée. C'est quand même curieux, voire bizarre que Mustapha Kamel Nebli ne se rende compte de ces dérives et autres tares qu'en pleine campagne, à quelques jours du scrutin, alors que tout le monde, lui le premier certainement, est au courant de ces pratiques depuis les législatives. Alors pourquoi maintenant '! D'autant plus qu'il figure dans le top 5 des candidats, bénéficie d'un capital confiance et d'un éminent crédit auprès d'une frange d'électeurs et de certains partis politiques qui n'ont pas manqué l'occasion de faire part de leur soutien à sa candidature.Sans verser dans le procès d'intentions ou prêter à Mustapha Kamel Nebli de sombres alibis, l'argument développé, pour expliquer sa volte-face, ne tient pas vraiment trop la route. Il est difficile d'encaisser qu'un homme de sa trempe et de son expérience n'ait rien vu venir depuis un bout de temps. Donc, soit il est complètement myope en matière politique, ce qui est peu ou prou admissible, soit il y a d'autres raisons sous-entendant le désistement, pas trop avouables dans le présent contexte. La fumée d'un deal suinte quelque part !En effet, il n'est pas exclu que Mustapha Kamel Nebli, dont le profil, le réseau et la compétence sont nettement plus adaptés à la Kasbah qu'à Carthage, ait retiré sa candidature en contrepartie de la présidence du gouvernement. L'hypothèse n'est pas tirée par les cheveux, loin s'en faut, et ce pour différents motifs :- Nida Tounes et BCE ne cessent de saisir toutes les tribunes médiatiques pour marteler que, bien que le parti ait gagné les législatives et ait la primauté constitutionnelle de présider et de composer le nouveau gouvernement, ils ne comptent pas gouverner seul, n'excluant guère le scénario de désigner un chef de gouvernement en dehors de Nida Tounes.- Mustapha Kamel Nebli dispose d'un réservoir électoral qui, sans être vraiment saillant, n'est pas non plus négligeable. Donc, il est en position de négocier son retrait. Il n'a certes pas choisi son candidat ou donné une consigne de vote à ses sympathisant, mais, le cas échéant, il se prononcerait en temps utile.- Ne pas oublier que, d'un point de vue politique, Mustapha Kamel Nebli n'est pas loin de Nida Tounes. Il était même question, un certain moment, de son adhésion à ce parti, du moins selon certaines indiscrétions. A l'époque, il s'était empressé d'opposer un franc démenti.- Compte tenu de la complexité et de la difficulté des chantiers ouverts ou à ouvrir, en particulier d'ordre économique et social, auxquels fera inévitablement face le prochain Exécutif, un homme comme Mustapha Kamel Nebli, dont l'envergure et le savoir-faire sont établis, a sa place et peut jouer un rôle dans cette 'uvre de redressement. Et ce sans compter sa connaissance de la réalité socioéconomique tunisienne, après son passage, que d'aucuns jugent réussi, à la tête de la Banque Centrale. Devant une telle compétence, quel parti, chargé de gouverner, ne ferait-il pas des pieds et des mains pour tenter de l'intégrer à la nouvelle équipe dirigeante 'Bien sûr, il ne s'agit là que de grille de lecture. L'interprétation ci-dessus exposée n'est pas dénué de bien-fondé. D'autres sont envisageables. Il fera jour demain !
Posté Le : 19/11/2014
Posté par : infos-tunisie
Source : www.tunisienumerique.com