Les conciliabules autour du nouveau gouvernement d'union nationale sont décevants. Ils étalent l'incompétence quasi généralisée des protagonistes de la place. A quelques rares exceptions près, on laisse de côté le contenu et on brigue les dignités ministérielles. Pourtant, l'économie va mal, très mal mêmeLes Tunisiens ont toujours été friands d'infos libanaises. Et ne sont presque jamais arrivés à percer les énigmes de la scène politique particulièrement fragmentée au pays du Cèdre. Aujourd'hui, ils sont royalement servis. Comme quoi on n'est jamais si bien servi que par soi-même.Le nouveau gouvernement d'union nationale serait le neuvième en cinq ans. Vous vous imaginez ' Nous sommes en passe de battre le tristement célèbre record d'instabilité des gouvernements italiens durant les années 50, 60, 70 et 80 du XXe siècle, qui duraient en moyenne six mois. Et de rejoindre le Liban au niveau du brouillage des cartes et de la confusion des genres.Disons-le d'emblée. Les conciliabules autour du nouveau gouvernement d'union nationale sont décevants. Ils étalent l'incompétence quasi-généralisée des protagonistes de la place. A quelques rares exceptions près, on laisse de côté le contenu et on brigue les dignités ministérielles. Jusqu'ici, aucune partie ou presque n'a donné un programme de gouvernement. Et l'on se contente en général de professions de foi généreuses et de slogans généralistes.Pourtant, l'économie va mal, très mal même. Le dinar dégringole à une allure vertigineuse. Le pouvoir d'achat des citoyens s'érode à vue d''il. Le chômage massif persiste. L'endettement extérieur menace de nous faire basculer dans le scénario grec. La souveraineté du pays est à l'encan.Il faut se fier à l'évidence. Il semble bien que la décision politique nationale échappe désormais aux seuls dirigeants tunisiens. Tant que l'économie, ses orientations, ses choix fondamentaux sont conçus ailleurs, toute représentation politique est factice.Et il est fort à craindre que les intervenants étrangers aient leur mot à dire sur le choix du nouveau gouvernement. On ne le sait que trop depuis des lustres. Qui tient les finances tient le pouvoir. Même s'il n'a pas besoin de s'exposer au premier plan le plus souvent.Là aussi, nous rejoignons le schéma libanais. Bien pis, la scène intérieure traduit les télescopages des puissants acteurs extérieurs. Comme au Liban, de lointains et proches acteurs internationaux pèsent de tout leur poids sur la décision politique nationale.De là à conclure que c'est Beyrouth à Tunis, il n'y a qu'un constat à faire. Ici comme ailleurs, on se rend compte de l'étendue du désastre. Et ce dernier est proportionnel aux faiblesses institutionnelles qui l'autorisent.En fait, l'édifice constitutionnel et institutionnel mis en place au lendemain de la révolution de 2011 semble indiqué pour nous maintenir dans une espèce d'équilibre catastrophique sur fond de partitocratie. Les partis politiques y trouvent bien leur compte, s'arriment au système dans une espèce d'attache à perpétuelle demeure. Le pays réel, lui, y perd au change. Et l'instabilité chronique s'ensuit. Parce que ce qui commence dans l'équivoque finit dans la compromission.
Posté Le : 12/06/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn