Tunis - A la une

Esthétique et maquillage Point de Mire


Par Abdelhamid GmatiOn apprend que les terroristes ont adopté une fatwa les autorisant à avoir recours à la chirurgie esthétique. Le but avoué est de changer d'apparence pour ne pas être reconnus par les autorités. Cette information a été fournie par le terroriste Adel Ghandri, arrêté dernièrement, qui avoue aussi que lui même était sur le point de se faire changer la « binette ». Edifiant. On apprend, en même temps, la Société Tunisienne de Chirurgie Esthétique, l'Ordre des médecins et le Ministère de la Santé ont dénoncé et demandé l'arrêt de diffusion d'un spot publicitaire « faisant de la réclame sur des actes de chirurgie esthétique mentionnant des paiements forfaitistes payables sur 12 mois et ignorant la nature même d'actes médicaux à la carte qui nécessitent examen, explorations, entente préalable et décision du chirurgien dans le respect des règles de l'éthique et de la déontologie médicale ». Cette publicité est jugée « inacceptable car elle est en infraction de la loi Tunisienne qui interdit la publicité sur les actes médicaux ». Aux dernières nouvelles, la HAICA a interdit la diffusion de cette publicité. Fort bien. Mais, dans le contexte, il est à espérer que les chirurgiens seront prudents et n'accepteront pas de changer la physionomie d'un terroriste. Mais il n'y a pas que la chirurgie esthétique ; certains ont recours à d'autres moyens pour se « refaire une virginité », changer de veste et d'apparence, refaire leur image, cacher leurs objectifs.Ainsi, on s'interroge sur cette « Caméra cachée », diffusée par une chaîne privée, juste après la rupture du jeûne. Le principe est simple : on fait croire à un invité qu'il est en « direct » avec l'ex-président Ben Ali et qu'il peut échanger avec lui, en toute liberté. Et en quelques émissions, on a eu droit à diverses réactions des premiers invités : les insultes, les menaces, les pleurs...Passe sur le choix des invités. Mais, Ben Ali, est présenté comme sage, serein, patriote, soucieux du devenir de la Tunisie, gardant son sang froid et magnanime même lorsqu'il est insulté. D'après son avocat, Ben Ali suit cette émission avec intérêt et l'apprécie, félicitant même ses auteurs. Quel est le but de cette « Caméra cachée » ' Réhabiliter et rendre l'ex dictateur sympathique ' L'innocenter de ce qui a été commis sous son règne ' En tous cas, cela semble être une belle opération de cosmétique, de maquillage.Le ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption, Kamel Ayadi, a annoncé, mercredi dernier, qu'une opération de surveillance administrative a commencé sur le Grand-Tunis et durera tout au long du mois de Ramadan. Il s'agit de veiller à la ponctualité et à la présence des fonctionnaires à leur poste de travail. D'après lui, « les jours d'absence justifiés par un certificat médical, dans l'administration publique, s'élèvent à 2,7 millions de jours par an ». Et les non justifiés ' De plus, est on sûr que le fonctionnaire, devenu, par miracle, ponctuel et assidu, va consacrer son temps à travailler ' Ne va t il pas lire les journaux, téléphoner à la famille et aux amis, jouer aux Mots Croisés ou piquer un petit roupillon ' Le problème de l'administration ne réside pas seulement dans la ponctualité. En tous cas, une jolie opération de cosmétique.Depuis des mois, on dénonce la corruption qui a sévi lourdement sous l'ancien régime mais s'est accentuée ces dernières années. On a créé une Instance de lutte contre la corruption et un ministère s'en occupe. On loue la bonne gouvernance, la transparence et on dénonce. Des responsables annoncent détenir des centaines, voire des milliers de dossiers établissant la corruption dans plusieurs secteurs. Chawki Tabib, Président de l'Instance, a même parlé d'un « Etat mafieux ». Mais cette lutte contre la corruption dont tout le monde se réclame ressemble à « L'Arlésienne » : tout le monde en parle mais personne ne l'a vue. Jusqu'ici rien n'a été fait. S'agit il, là aussi, d'une belle opération de cosmétique 'Et puis il y a ces belles « opérations » de changement. D'abord, celui du mouvement Ennahdha qui veut se « spécialiser » mais garde ses référentiels. On change pour ne pas changer. Cosmétique, quand tu nous tient ! Puis cet appel à un gouvernement d'union nationale. Apparemment il s'agit de faire face à une situation socio économique désastreuse et l'instauration d'un « Etat de Droit ». Des partis, qui se livrent une bataille pour le pouvoir, parlent, tout à coup, de la nécessité d'un « programme de gouvernement ». Et ils nous parlent, chacun de « son » programme, qui n'est en fait qu'une suite d'orientations. Or le gouvernement Essid a un programme et il a commencé à l'appliquer. Sans parler de son Plan quinquennal. Pour l'Etat de droit, Habib Essid, le chef du gouvernement, qu'on traite comme un bouc émissaire, explique : «lorsque nous prenons les décisions qui s'imposent pour remettre de l'ordre, y compris la force publique qui relève de nos attributions, tout le monde se tait et se dissimule sous les tables et accuse le gouvernement de tous les maux. Si nous évitons l'usage de la contrainte ou de mesures policières, on nous le reproche et on nous accuse d'être laxistes». Alors ' Le prochain gouvernement et son chef feront ils mieux ' Une chose set certaine : il faudra du temps pour que les prochains ministres se familiarisent avec la situation et trouvent les solutions adéquates.A moins que là aussi « il faut que tout change pour que rien ne change ». Opération de maquillage '
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