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Seif Sabbegh (ex-responsable au CA) : «La politique de promiscuité finira par payer» Dossier : les supporters méritent-ils de revenir dans les stades '


«Les emblèmes des fans sont devenus les symboles d'une jeunesse qui a juste soif de rébellion».Ex-responsable de la cellule des jeunes footballeurs du CA et membre de la commission communication (via le magazine et le site officiel), Seïf Sabbegh, jeune dirigeant clubiste, déjà en place depuis des années, réfute l'idée des quotas et de la sélection à l'entrée du stade: «Les heurts existent partout. Ce n'est pas propre à notre football seulement. Il faut juste ne pas être impuissant et ne pas agiter ses muscles pour résorber le phénomène.Les démonstrations d'enthousiasme qui s'accommodent mal des restrictions imposées, la culture quelque peu critique et rebelle qui prend un sens particulier dans le contexte social du pays, tout cela doit être traité via une profonde réflexion qui prend en considération tous les paramètres. Car parfois, face à des structures sportives patriarcales, les supporters revendiquent juste leur indépendance sans tutelle aucune. Ce ne sont pas des déviants, mais des spectateurs qui vont à un spectacle une fois par semaine. Ils sont capables de rassembler, autour d'une même cause pour que brillent leurs couleurs.Ils se réunissent régulièrement, disposent de forums internet et d'un budget autonome (financé par les fans) qui leur permet de monter de coûteuses chorégraphies à base de supports visuels. Ils développent une culture du secret pour ébahir les présents le jour du match. C'est formidable. Il ne faut pas seulement retenir le côté cour avec ces batailles rangées et ces combats de coq qui peuvent être anticipés et disparaître à terme comme en Angleterre suite au drame du Heysel en Belgique (Liverpool-Juventus).Si on analyse le phénomène, l'on note que ce mélange de fraternité romantique et d'individualisme forcené est avant tout un style de vie quelque peu provocant et déjanté. Ce n'est pas propre au football car cette génération est aux prises avec des carcans sociaux pesants. Leurs mots d'ordre et leurs emblèmes sont devenus les symboles d'une jeunesse qui a soif de rébellion. Leurs chansons sont désormais une part incontournable d'une culture underground en plein essor fondée sur l'expression de soi, l'individualisme et le plaisir. C'est cela que les aînés doivent assimiler pour comprendre et soigner ce qui doit l'être».«Il ne s'agit pas de juger mais de comprendre»«Pacte avec les pouvoirs publics, relation de proximité et communication avec les bureaux directeurs. Les attitudes peuvent changer. Mais il faut le vouloir. Il ne s'agit pas de juger mais de comprendre. Il ne s'agit pas de condamner mais pas non plus d'excuser ou de justifier les excès. Car que serait l'engouement envers un club sans ses inconditionnels supporters le jour du match. Dans une totale transparence de gestion, ces supporters organisent les veilles de match. Le spectacle proposé par les Tifos laisse admiratif et transcende leurs préférés sur le terrain. C'est ça le but suprême et la finalité même de leur action. Il ne faut pas mésestimer aussi la donne mercantile. Avec les abonnements, il font preuve de fidélité et apportent leur plus-value au club (source de financement). La tutelle doit comprendre le mode de fonctionnement de ces gens-là. Ce ne sont pas des barbares ou des sauvageons. Ils reflètent une mentalité.Cette dernière se décline sur plusieurs axes: un supporter clubiste est avant tout engagé. Tous sont égaux. Les décisions qui engagent les groupes sont prises en commun...Que les avis divergent ou qu'ils convergent, tous sont impliqués dans la sphère décisionnelle. Ils veulent juste faire entendre leur voix et critiquer dans les normes les choix du bureau directeur. Maintenant, les chorégraphies-spectacles doivent aller de pair avec une canalisation des supporters. C'est le rôle de toutes les parties prenantes, tenants et aboutissants. Il y a un peu plus de douze ans, la politique de promiscuité et de sensibilisation a fini par payer. Les stades affichaient complet pour le plus grand bonheur des clubs et de la FTF.Les Capos savaient canaliser ce filon qu'est le public dans le bon sens, en prônant l'innovation, la variété et la solidarité. Vis-à-vis des bureaux directeurs, il n'y avait pas de défiance. Tant que le BD agit pour le bien du club et travaille d'arrache-pied pour son rayonnement sur le terrain. Malheureusement, depuis quelques années, l'organisation au niveau du virage s'est quelque peu disloquée sans pour autant que les supporters se démobilisent. Il y a eu une cassure qu'il faut impérativement résorber. Pour le cas du Club Africain, la campagne d'abonnements a été lancée la semaine dernière. Cet événement marquera le début de l'entrée des clubs tunisiens dans l'ère digitale (via les supports choisis). Mais j'espère aussi la fin des restrictions d'entrée au stade et le retour massif des supporters appelés à garnir les travées des gradins les jours de match».
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