Pour le directeur technique national, l'argent est le nerf de la guerre«Le point fort des joueurs tunisiens est le talent. Ils sont très doués. La matière première existe dans notre pays. Nous disposons de bons handballeurs. Cependant, le bât blesse au niveau des finances. Pour faire des compétitions internationales, il faut des tournois à l'étranger et donc un budget conséquent. Selon une étude récente que nous venons d'effectuer, pour qu'un jeune joueur atteigne l'échelle internationale et le haut niveau, il doit avoir totalisé 125 matches amicaux sur les 6 ans qui englobent sa formation.Cela nécessite un budget d'au moins 300.000 dinars par catégorie. Ce qui n'est pas peu. Il faut, par conséquent, disposer de l'argent nécessaire pour réaliser cet objectif. Outre le volet financier, c'est le volume de travail qui manque à nos joueurs. Dans le cas d'espèce, ces derniers doivent normalement effectuer au moins 9 séances d'entraînement par semaine. Ce qui n'est pas encore le cas. Les joueurs doivent être regroupés dans des centres spécialisés. En Tunisie, la logistique existe. La formation du joueur d'élite doit être une formation spécifique sous la houlette d'entraîneurs formateurs expérimentés.Avec toutes ces conditions remplies, on pourrait alors former des joueurs d'élite. Nous devons reconnaître que le volet physique a été bel et bien résolu chez nous.Il reste à développer les volets mental et psychologique. Ce sont, je le souligne, deux choses différentes. Le côté mental touche la concentration. Sur ce plan, nous avons fort à faire. Le côté psychologique touche essentiellement la vie privée des joueurs. Ceux-ci doivent par exemple être suivis dans leurs études pour pouvoir les concilier avec le sport. Cela se passe comme cela dans les grandes nations de handball, principalement en Espagne, en France et en Allemagne. La qualité du travail évolue automatiquement dans ces conditions. A propos de l'infrastructure, les centres de formation de Mahdia et Sousse sont opérationnels depuis quelques saisons. Nous avons également le lycée sportif qui accueille les sportifs de tous bords ayant décidé d'opter pour une carrière sportive. La nouveauté est qu'à partir de la saison prochaine des centres sectoriaux vont voir le jour. Cela va aider dans la prospection et l'éclosion de nouveaux talents et de futurs joueurs d'élite. Je veux rappeler une chose : la Tunisie compte 10.000 licenciés sur une population de 11.000.000 d'habitants.En parallèle, la France dispose de 500.000 licenciés pour 65 millions d'habitants et le Danemark 250.000 licenciés pour 5 millions d'habitants. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous avons en Tunisie des moyens humains qu'il faut savoir optimiser et en tirer profit».
Posté Le : 30/05/2016
Posté par : infos-tunisie
Source : www.lapresse.tn