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MONCEF BEN SOLTANE (ENTRAÎNEUR DE VOLLEY-BALL) : «Des formateurs de qualité» Dossier : Sait-on former des sportifs de haut niveau' (2e partie, hand-basket-volley)


Détenteur de quatre doublés avec l'Avenir Sportif de La Marsa en tant que joueur, champion de Tunisie en qualité d'entraîneur à la tête de l'Etoile Olympique de Goulette-Kram, Moncef Ben Soltane appartient au gotha du volley national. A 67 ans, il continue à s'intéresser aux affaires de la passion de sa vie qui l'a vu coacher tour à tour l'ASM, la Saydia et l'EOGK.«S'ils se font assez rares dans le volley tunisien, les joueurs de haut niveau n'en font pas moins le spectacle et assurent avec plus ou moins de bonheur la tradition séculaire de notre pays qui a longtemps régné en maître absolu en Afrique. Malheureusement, on ne produit plus de grands volleyeurs en nombre suffisant parce qu'on n'acorde pas d'importance aux entraîneurs des jeunes. Si un jour on se mettait à recruter des techniciens de qualité et bien rémunérés pour les jeunes catégories, la situation changerait de fond en comble. C'est une mauvaise politique à laquelle sont réduits les clubs contraints d'engager d'anciens joueurs pour former les plus jeunes. Ces anciens joueurs se contentent de rémunérations symboliques pour arrondir leurs fins de mois. Cela tient quasiment de l'aide sociale pour services rendus au club. Il faut plutôt choisir le technicien qu'il faut et y mettre le prix avec l'objectif d'apprendre le volley sur des bases solides.Autre lacune : le travail de détection est très mal fait. Généralement, on commence par choisir sur la base de la taille car notre sport a besoin rien que de joueurs grands de taille. C'est par la suite qu'on pourra apprécier si ces jeunes sont doués ou pas. Cela reste secondaire car même s'il n'est pas doué, le jeune volleyeur peut apprendre. C'est à force de forger qu'on devient forgeron.La pénurie de joueurs de haute performance date depuis au moins dix ans. A preuve la longévité d'un joueur comme Noureddine Hfaïedh, capable de s'imposer jusqu'à il y a un an, à un âge très avancé. Idem aujourd'hui pour les trentenaires, toujours là à imposer leur talent parce qu'il n'y a pas de véritable concurrence venant des plus jeunes. Ceux-ci n'ont pas bénéficié de suffisamment de travail de base et accusent trop de carences de technique et de formation. Ils ne bénéficient pas de véritables clés pour faire face aux situations les plus compliquées ou inédites. Bref, la solution réside dans le secteur de la formation, clé de voûte d'un sport de haute compétition.Voilà d'ailleurs pourquoi notre sélection a perdu son leadership au plan continental, alors que les grosses pointures ont régulièrement recours aux joueurs étrangers. Il faut revenir à la base et construire à partir de là».
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